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Combien coûte une grève générale à l’économie ?

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Publié le 17 février 2026 à 04h42. Une grève générale de 24 heures, prévue ce jeudi 19 février en Argentine, menace de paralyser l’économie nationale, avec des pertes estimées à plus de 500 millions de dollars, principalement en raison de l’arrêt du transport en commun.

  • La grève générale est organisée en marge de l’examen de la réforme du travail à la Chambre des Députés.
  • L’impact économique de la grève dépendra crucialement du fonctionnement ou non des transports en commun.
  • Les secteurs de la manufacture et de la construction devraient être les plus touchés.

L’annonce d’une grève générale de 24 heures pour ce jeudi 19 février a immédiatement suscité des inquiétudes parmi les acteurs économiques argentins. Cette mobilisation sociale coïncide avec l’examen d’une réforme du travail à la Chambre des Députés, un projet de loi qui prévoit des modifications significatives du système de rémunération et la création d’un Fonds d’aide à l’emploi.

Les experts s’accordent à dire que l’impact économique de cette journée de protestation ne peut être évalué de manière uniforme. L’Institut d’économie de l’UADE (Université Argentine de l’Entreprise) souligne qu’il ne s’agit pas simplement de diviser le produit intérieur brut annuel par le nombre de jours de l’année. Le coût final dépendra de la capacité de reprise de la production et, surtout, de l’adhésion des syndicats de transport.

Un précédent récent, la grève du 10 avril 2025, offre des éléments de comparaison pertinents. À cette occasion, le maintien du service de bus a permis d’atténuer considérablement les pertes économiques, qui se sont élevées à 194 millions de dollars, soit seulement 6,4 % du PIB quotidien. Cependant, les modèles économiques préviennent que si le transport avait été complètement paralysé, le coût aurait atteint 539 millions de dollars. Cette différence significative illustre l’importance cruciale de la mobilité des travailleurs pour le bon fonctionnement du commerce et de l’industrie.

Martin Álvarez, coordinateur de l’Institut d’économie de l’UADE, explique cette dynamique structurelle :

« Nous estimons généralement qu’une grève générale de ce type coûte entre 500 et 600 millions de dollars. »

Cette estimation est corroborée par les données historiques d’autres mouvements sociaux de grande ampleur, comme celui du 9 mai 2024, qui avait coûté au pays 544 millions de dollars, représentant 24,3 % du PIB de ce jour-là.

L’élément déterminant pour jeudi prochain réside donc dans la présence ou l’absence de bus dans les rues. Or, les syndicats de transport ont déjà annoncé leur participation à la grève. Álvarez insiste sur ce point :

« Le problème, c’est quand il y a ou quand il n’y a pas de bus. D’après ce que j’ai vu, il n’y aura pas de bus, donc ce sera entre 500 et 600 millions de dollars. C’est plus ou moins ce que nous calculons toujours comme perte d’activité à chaque grève. »

Cette prévision place la grève dans le haut de la fourchette d’impact économique, car l’absence de transport empêchera les employés des secteurs non syndiqués de se rendre sur leur lieu de travail.

L’industrie manufacturière et le secteur de la construction sont identifiés comme les plus vulnérables. Ces secteurs subiront des pertes de production difficiles à compenser sans engendrer des coûts logistiques ou énergétiques supplémentaires. Le commerce de détail sera également affecté, bien que sa capacité de réaction soit potentiellement plus rapide. Álvarez précise que le scénario change radicalement en fonction de la mobilité :

« Cela change beaucoup quand il y a des bus, car cela ramène les pertes à environ 200 millions de dollars, les gens pouvant se rendre au travail de la même manière. »

Un autre facteur clé de l’analyse est la notion de « récupérabilité », qui mesure le pourcentage de la production perdue qui pourra être rattrapé dans les jours suivants. Lors de la grève de mai 2024, l’économie n’a récupéré que 20,1 % des pertes, ce qui a eu un impact durable. En revanche, pour la grève d’avril 2025, les projections de reprise étaient plus optimistes, dépassant les 60 %. Les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration affichent traditionnellement une récupérabilité de 0 %, car la consommation non réalisée est définitivement perdue.

L’administration publique, l’éducation et les services de santé enregistreront également des pertes directes. Chaque heure d’arrêt dans ces secteurs exercera une pression supplémentaire sur les finances publiques, affectant la compétitivité et la collecte des impôts. La grève du jeudi 19 février s’annonce donc comme un événement à fort impact, où l’absence de transport est quasiment assurée, selon les estimations de l’UADE, entraînant une perte économique avoisinant les 600 millions de dollars en seulement 24 heures. Les bilans des grèves précédentes, notamment celles sous la présidence de Mauricio Macri en 2018 et 2019, confirment une structure de coûts constante face à la paralysie des transports publics.

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