Publié le 13 octobre 2025. Et si le barème de points de la Formule 1, tel que nous le connaissons aujourd’hui, avait été appliqué depuis ses débuts en 1950 ? Une analyse approfondie menée par l’équipe de données de la F1 révèle des bouleversements historiques significatifs dans le palmarès des champions.
- Le système de points actuel, introduit en 2010, récompense les dix premiers pilotes et attribue des points aux huit premiers des courses Sprint.
- Une étude rétrospective révèle que plusieurs champions historiques auraient vu leur compteur de titres augmenté ou diminué sous ce barème moderne.
- Alain Prost aurait potentiellement remporté sept titres mondiaux, contre quatre réellement acquis, tandis que certains champions pourraient voir leur palmarès réduit.
Sept décennies et demie d’existence pour la Formule 1 ont été marquées par une évolution constante, y compris dans la manière de récompenser les performances. Le système de points, en particulier, a connu de multiples refontes au fil des époques, façonnant ainsi l’histoire du sport.
L’actuel barème, en vigueur depuis 2010, octroie 25 points au vainqueur, suivis de 18, 15, 12, 10, 8, 6, 4, 2 et 1 point pour les pilotes classés jusqu’à la dixième place. Les courses Sprint attribuent également des points aux huit premiers, de 8 à 1 unité. À noter que depuis 2025, le point bonus pour le meilleur tour en course, instauré en 2019, a été supprimé.
Historiquement, le nombre de pilotes récompensés a varié : seuls les cinq premiers marquaient des points dans les premières années, puis six en 1960, et enfin huit dès 2003. La valeur des points a également évolué, le vainqueur passant de 8 à 9, puis 10 points, avant d’atteindre les 25 actuels. De plus, jusqu’en 1991, le championnat était déterminé sur la base des meilleurs résultats de chaque pilote, et non du total brut de points.
Grâce à une modélisation de son équipe de données, la F1 a pu recalculer le déroulement de chaque saison avec le barème de 2025, hors courses Sprint. Les résultats offrent un éclairage fascinant sur l’histoire du championnat.
Les grands gagnants potentiels du système de points actuel
Certains pilotes auraient vu leur palmarès s’étoffer considérablement. Eddie Irvine, qui avait manqué le titre de 1999 de seulement deux points face à Mika Häkkinen, aurait été sacré champion du monde selon ce nouveau calcul. L’abandon de Häkkinen à Silverstone cette année-là, une course qu’Irvine a terminée deuxième, aurait suffi à inverser la tendance.
Alain Prost, quadruple champion du monde, aurait potentiellement vu son compteur grimper à sept titres. Ses victoires de 1985, 1986, 1989 et 1993 s’ajouteraient à un titre hypothétique en 1983, où il aurait terminé à égalité de points avec Nelson Piquet mais remporté le championnat grâce à un plus grand nombre de victoires. Il aurait également devancé Niki Lauda d’un demi-point en 1984, et battu Ayrton Senna en 1988, l’année de leur célèbre rivalité au sein de McLaren.
Le duo père-fils Graham et Damon Hill bénéficierait également de ce nouveau calcul. Graham Hill, double champion du monde (1962, 1968), aurait remporté un troisième titre en 1964 face à John Surtees. Damon Hill, dont le seul titre remonte à 1996, aurait pu être sacré dès 1994 face à Michael Schumacher.
Les champions qui auraient perdu des titres
À l’inverse, certains champions historiques auraient vu leur palmarès modifié à la baisse. John Surtees aurait perdu son titre de 1964 face à Graham Hill. James Hunt, vainqueur de son unique titre en 1976 face à Niki Lauda pour un seul point, aurait vu ce dernier sacré, bien qu’avec une marge réduite.
Jacques Villeneuve, champion du monde 1997, aurait été devancé par Michael Schumacher, malgré la disqualification ultérieure de l’Allemand après leur collision lors de la dernière course. Le système de points actuel aurait donné l’avantage à Schumacher sur la saison.
Les Brésiliens Nelson Piquet et Ayrton Senna verraient également leur total de titres diminuer. Piquet aurait perdu son titre de 1983 face à Prost, et Senna son titre de 1988 face au même Prost. Mika Häkkinen, double champion du monde, n’en aurait qu’un seul dans ce scénario hypothétique, suite au titre « virtuel » d’Eddie Irvine en 1999.
Domination consécutive : un regard différent
Si Michael Schumacher conserve son record de cinq titres consécutifs (2000-2004) inchangé, le cas d’Alain Prost est différent. Ses deux titres consécutifs (1985-1986) auraient pu être étendus à quatre s’il avait été sacré en 1983 et 1984. Niki Lauda aurait également bénéficié d’une série de trois titres consécutifs (1975, 1977 et 1976, ce dernier étant acquis face à Hunt).
Les séries de victoires consécutives de Sebastian Vettel (2010-2013), Lewis Hamilton (2017-2020) et Max Verstappen (2021-2024), qui correspondent à l’ère du barème actuel, restent inchangées. Juan Manuel Fangio détient également toujours quatre titres consécutifs sous ce calcul rétrospectif.