Publié le 2025-10-13 16:24:00. Pour survivre et rester compétitive face à la domination financière de la Premier League, la Serie A doit faire preuve d’audace et accepter des sacrifices, estime le club italien de Côme, qui défend son projet d’organiser un match contre l’AC Milan à Perth, en Australie.
- Le club de Côme juge le « sacrifice essentiel » pour la survie de la Serie A.
- L’UEFA a approuvé, « à contrecœur », des matchs de championnats européens joués hors de leur pays d’origine.
- Les clubs italiens peinent à être rentables, d’où la nécessité de trouver de nouvelles sources de revenus et de visibilité.
Le club de Côme a exprimé son soutien à l’idée de délocaliser des rencontres de Serie A à l’étranger, citant l’exemple d’un match prévu entre son équipe et l’AC Milan à Perth, en Australie, en février prochain. Cette initiative, qui a reçu l’approbation « à contrecœur » de l’UEFA, s’inscrit dans une tendance plus large, puisque des clubs de Liga espagnole comme Villarreal et Barcelone s’apprêtent également à jouer à Miami en décembre.
Dans un long communiqué, le club lombard a souligné l’écart financier abyssal entre la Serie A et la Premier League anglaise. Alors que le championnat italien génère environ 950 millions d’euros (780 millions de livres sterling) par an pour ses droits de diffusion nationaux, la ligue anglaise devrait percevoir 14,2 milliards d’euros (12 milliards de livres sterling) sur le cycle 2025-2029 pour ses droits nationaux et internationaux. Cet « énorme avantage financier » confère à la Premier League une position dominante sur la scène mondiale, selon Côme.
« Nous comprenons que ce voyage puisse exiger des sacrifices en termes de commodité, de confort et de routine. Pourtant, parfois, le sacrifice est essentiel, non pas pour le bénéfice individuel mais pour le bien commun, pour la croissance et surtout pour la survie de la ligue elle-même. »
Club de Côme
Le club a insisté sur le fait que cette démarche n’était « pas une question de cupidité », mais une nécessité stratégique. La plupart des clubs italiens luttent pour leur rentabilité, et organiser des matchs à l’étranger vise à « assurer leur survie et à construire un avenir où la Serie A reste compétitive, respectée et admirée à l’échelle mondiale ». Côme ambitionne de redonner à la Serie A la gloire des années 1990, lorsque le football italien était le championnat le plus regardé et respecté.
Cette décision suscite toutefois des réserves. Le président de l’UEFA, Aleksander Čeferin, a qualifié d’ « regrettable » l’autorisation de ces rencontres délocalisées, espérant qu’elles ne créeraient pas de précédent. Football Supporters Europe (FSE), une fédération de supporters, a vivement critiqué ces projets, arguant que « le football européen a sa place dans nos stades, nos villes et nos communautés » et qu' »un match national à l’étranger est un match de trop ». Côme prévoit néanmoins d’inviter 50 supporters à les rejoindre en Australie pour cette rencontre symbolique, dans l’espoir de raviver l’intérêt pour l’élite italienne et de « faire à nouveau parler de la Serie A dans le monde entier ».