Home International Comment Gressier a transformé ses ambitions footballistiques en objectifs sportifs | FONCTIONNALITÉ

Comment Gressier a transformé ses ambitions footballistiques en objectifs sportifs | FONCTIONNALITÉ

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Publié le 2025-10-11 19:49:00. Jimmy Gressier a créé la sensation aux Championnats du monde d’athlétisme de Tokyo en remportant le 10 000 mètres dans un final haletant. Une victoire qui rappelle le « Fergie Time » de Manchester United et qui vient couronner une saison exceptionnelle pour le coureur français.

  • Jimmy Gressier décroche son premier titre mondial sur 10 000m grâce à un sprint final impressionnant.
  • Cette victoire, la plus belle de sa carrière, le place dans le sillage de légendes du sport français comme Zinedine Zidane.
  • Le football, son autre passion, a joué un rôle inattendu dans sa préparation mentale et physique pour cette course.

À Manchester United, on connaissait le « Fergie Time », ces moments de gloire arrachés dans les ultimes secondes sous la houlette d’Alex Ferguson. En France, on peut désormais parler de « Jimmy Time ». Jimmy Gressier, à l’occasion des Championnats du monde d’athlétisme de Tokyo, vient d’entrer dans la légende de son sport. Sur le 10 000 mètres, il a déclenché une accélération fulgurante dans le dernier tour pour s’offrir un premier titre mondial, une victoire aussi inattendue qu’éclatante.

Alors qu’il aurait peut-être préféré soulever la Coupe du monde de football, le nouveau champion du monde ne boude pas son plaisir. « Si nous refaisions la même course demain, je pourrais aussi bien terminer sixième ou septième », a-t-il confié, soulignant le caractère unique et presque irréel de son exploit. Il rejoint ainsi le cercle très fermé des champions du monde français, un club qu’il intègre avec une pointe d’humour en citant Zinedine Zidane. Il est le neuvième athlète français à décrocher l’or planétaire, succédant à des noms comme Marie-José Perec et Kevin Mayer.

« Je m’en rends compte sans m’en rendre pleinement compte », a admis Gressier, dont les émotions sont parfois difficiles à exprimer. « Pour moi, les émotions sont parfois difficiles à exprimer. Honnêtement, je pleure plus en regardant ‘The Voice’ et en entendant les enfants chanter que lorsque je deviens champion du monde, car sur le moment je suis toujours en action. »

Le football, une source d’inspiration sur la piste

Blessé à un tendon lors des Jeux Olympiques de Paris, Jimmy Gressier est arrivé à Tokyo avec une détermination sans faille, physiquement et mentalement préparé, malgré quelques séquelles persistantes à un talon. Sa maturité, forgée par l’expérience, lui a permis de naviguer vers ce titre suprême. Le coureur de fond, également médaillé européen, cite la philosophie de Bob Tahri, le « talent, travail, temps » (talent, work, time) comme clé de sa réussite.

Si par le passé, le Français a été critiqué pour son manque de régularité malgré ses succès chez les espoirs aux Championnats d’Europe de cross-country, cette saison 2025 marque un véritable tournant. Il a explosé les compteurs : record d’Europe du 5000m en salle (12 min 54 sec 92), record de France du 3000m en salle (7 min 30 sec 18), record d’Europe du 5km sur route (12 min 57 sec) et titre européen du semi-marathon (59 min 45 sec). En extérieur, il a pulvérisé son record de France du 5000m (12 min 51 sec 59) et remporté la Ligue de Diamant sur 3000m à Zurich, une performance qui a consolidé sa confiance avant les Mondiaux.

Son triomphe sur 10 000m à Tokyo porte la marque de son lien particulier avec le football. Originaire du même quartier que Franck Ribéry, Jimmy Gressier revendique fièrement ses racines. « Le football m’a aidé à devenir champion du monde », assure-t-il. « On le voit dans le dernier tronçon, dans les 60 derniers mètres. Ce n’est pas un hasard : c’est le même effort répété que j’ai appris au football. Quand un ballon était joué en profondeur, j’accélérais brusquement pour marquer. » Une stratégie qu’il a brillamment appliquée sur la piste du Stade National.

Dans un Stade National vibrant de 56 000 spectateurs, plus focalisés sur la finale du 100m, Jimmy Gressier a offert l’une des plus grandes surprises de la soirée. Il devient ainsi le troisième Européen à remporter le 10 000m masculin aux Championnats du monde, après l’Italien Alberto Cova en 1983 et le Britannique Mo Farah (par trois fois).

Sur le podium du 10 000m, il a été rejoint par le Suédois Andreas Almgren, médaillé de bronze, marquant la première fois depuis 1987 que deux Européens montent sur la boîte dans cette discipline. Une performance réitérée sur 5000m, où Gressier a vu le Belge Isaac Kimeli décrocher l’argent. « Quand Farah a remporté ses titres mondiaux, mon entraîneur m’a dit à l’entraînement que je pouvais rivaliser avec les meilleurs du monde », se souvient Gressier. « Maintenant, ce sont les Européens qui font leur marque. »

« J’ai encore beaucoup de rêves de pouvoir rejouer au football », conclut-il avec un sourire. Mais désormais, ces rêves sont teintés d’or.

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