Home International Comment les restrictions sur les réseaux sociaux affecteront-elles les enfants tchèques ? Sans passeport ni blessure

Comment les restrictions sur les réseaux sociaux affecteront-elles les enfants tchèques ? Sans passeport ni blessure

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Publié le 10 février 2024 à 14h45. Face à l’essor des risques en ligne, plusieurs pays s’inspirent de l’Australie pour encadrer l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, allant jusqu’à l’interdiction pure et simple pour les plus jeunes.

  • L’Australie est le premier pays au monde à interdire aux moins de 16 ans de s’inscrire sur les principales plateformes sociales comme Instagram, TikTok, Facebook, Snapchat ou YouTube.
  • Des amendes pouvant atteindre 49,5 millions de dollars australiens (environ 680 millions de couronnes tchèques) sont prévues pour les réseaux sociaux ne respectant pas cette règle.
  • L’Union européenne et plusieurs pays européens, dont la France et l’Espagne, envisagent des mesures similaires pour protéger les enfants et adolescents.

L’Australie a franchi le pas en décembre dernier, devenant ainsi le premier pays à légiférer sur l’accès des mineurs aux réseaux sociaux. Le dispositif, baptisé Social Media Minimum Age Scheme, s’inscrit dans une modification de la loi sur la sécurité en ligne et impose aux plateformes de vérifier activement l’âge de leurs utilisateurs. En cas de non-respect, elles s’exposent à des sanctions financières considérables.

Ce sont ces amendes dissuasives qui incitent les géants du numérique à prendre la question de l’âge des utilisateurs au sérieux et à lutter contre les faux profils. Pour ce faire, ils recourent principalement à l’intelligence artificielle (IA).

Chaque réseau social développe son propre système de vérification, basé sur l’analyse des profils et du comportement des utilisateurs. Les algorithmes sophistiqués de l’IA sont capables d’estimer l’âge à partir de l’activité en ligne, et même de reconnaître l’âge à partir d’une simple photographie. Si un soupçon est émis, le compte est bloqué jusqu’à la présentation d’une pièce d’identité.

Les premiers résultats sont encourageants. Les autorités australiennes se sont félicitées d’avoir bloqué plus de 4,7 millions de comptes au cours du premier mois d’application de la loi.

« Nos enfants sont exposés à un espace qu’ils n’auraient jamais dû traverser seuls. Nous les protégerons du Far West numérique. »

Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol

Meta Platforms, la société mère de Facebook et Instagram, a déjà supprimé environ 550 000 comptes susceptibles d’appartenir à des utilisateurs de moins de 16 ans afin de se conformer à la législation australienne.

L’Union européenne suit de près ces évolutions et discute d’une proposition visant à exiger une vérification d’identité pour toute inscription sur les réseaux sociaux, ainsi qu’une vérification ultérieure des comptes existants. La mise en œuvre de cette mesure reste cependant incertaine.

Les experts soulignent que ces systèmes ne sont pas infaillibles et peuvent poser des problèmes de confidentialité et de sécurité des données. Au Royaume-Uni, la vérification de l’âge par le biais de documents d’identité a notamment suscité des inquiétudes quant à d’éventuelles fuites d’informations sensibles.

En Europe, la France a adopté une loi interdisant l’utilisation des réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans, qui pourrait entrer en vigueur à partir de septembre 2026, sous réserve de l’approbation du Sénat. Cette proposition vise à protéger la santé mentale des enfants contre le cyberharcèlement et la comparaison sociale.

L’Espagne va encore plus loin en envisageant d’interdire totalement l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, en imposant aux plateformes une vérification de l’âge robuste et en prévoyant des sanctions plus sévères en cas de manipulation algorithmique ou de diffusion de contenus illégaux. Plus d’informations sur les mesures envisagées par l’Espagne.

D’autres pays, comme le Danemark et l’Allemagne, étudient également des mesures pour limiter l’accès des enfants aux réseaux sociaux ou renforcer la vérification de leur âge, s’inspirant du modèle australien. Des restrictions similaires sont également envisagées en République tchèque.

Les entreprises technologiques se montrent prudentes et affirment coopérer avec les autorités pour mettre en œuvre les mesures techniques, tout en soulignant les défis technologiques et financiers que cela représente. Elles privilégient également la mise à disposition d’outils permettant aux parents de contrôler l’activité de leurs enfants sur les réseaux sociaux. YouTube a récemment renforcé les outils de contrôle parental, notamment en permettant de limiter le temps passé sur les vidéos Shorts.

Les experts s’accordent à dire que le temps excessif passé devant les écrans a des effets négatifs sur le développement des enfants et leur bien-être mental. La protection des mineurs est donc au cœur des préoccupations qui motivent ces nouvelles réglementations.

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Les plateformes sociales réagissent en mettant en avant leur coopération avec les autorités, tout en soulignant les difficultés techniques et financières liées à la mise en œuvre de ces mesures. Elles préfèrent souvent proposer des outils de contrôle parental plutôt que d’imposer des interdictions généralisées.

Illustration d'un enfant utilisant un téléphone portable

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