Publié le 27 octobre 2025 à 17:00:00. La nouvelle version de ChatGPT, cinquième du nom, suscite un débat animé quant à ses avancées réelles face aux investissements massifs. Lancée quelques mois après son prédécesseur, elle promet une unification des modèles, mais soulève des questions sur sa contribution à l’intelligence artificielle générale (AGI).
- Le passage de ChatGPT 3.5 à 4 avait marqué un bond qualitatif majeur ; l’amélioration de GPT-5, bien que visant à simplifier l’expérience utilisateur, divise les experts.
- L’objectif principal de GPT-5 est d’intégrer des modèles de raisonnement jusqu’alors distincts en une seule solution plus intuitive, mais cela a réduit la flexibilité pour les utilisateurs professionnels.
- Malgré les critiques du milieu spécialisé, GPT-5 est perçu comme un pas vers l’intelligence artificielle générale (AGI) pour le grand public, bien qu’il ne satisfasse pas encore toutes les exigences de ce concept.
Quelques mois après son déploiement, ChatGPT 5 divise le marché de l’intelligence artificielle. Si la version 4 avait représenté une avancée fondamentale, la cinquième itération divise quant à son caractère révolutionnaire. Son ambition première : unifier les différents modèles de raisonnement fragmentés en une solution unique et plus accessible. Cette démarche vise à remédier à une interface utilisateur jugée complexe, où les utilisateurs moins avertis peinaient à choisir le modèle le plus adapté à leurs besoins. Cependant, pour le public professionnel, cette simplification se traduit par une perte de contrôle et une réduction des options, suscitant une certaine déception.
Au cœur des débats, la question de la justification des milliards d’investissements dans cette nouvelle version se pose avec acuité. La transition de la version 3.5 à la 4 avait été saluée pour avoir transformé un chatbot basique en un outil capable de comprendre et de communiquer à un niveau supérieur, malgré des limitations persistantes dans l’accès aux informations en ligne ou le traitement des images et du son. L’amélioration de ces aspects avait été le cheval de bataille du printemps 2023.
L’unification des modèles est le maître mot de GPT-5. Les versions précédentes s’appuyaient sur des « modèles de raisonnement » qui analysaient d’abord la question avant d’apporter une réponse. Mais la multiplicité de ces modules avait conduit OpenAI à opter pour une synthèse dans GPT-5, afin de le rendre plus convivial. L’ancienne version présentait une douzaine de variantes, obligeant l’utilisateur à un choix parfois ardu, ce qui avait conduit certains experts à qualifier l’interface de « mauvaise expérience utilisateur ».
Pour les professionnels, cependant, cette unification représente un pas en arrière. Ils ne peuvent plus sélectionner un modèle spécifique à leur besoin, le choix étant désormais automatisé par GPT-5 parmi quatre modes prédéfinis. Cette limitation, si elle améliore l’expérience du grand public, a généré une désillusion chez les utilisateurs avancés et les influenceurs IA. Il est toutefois important de noter que GPT-5 ne se limite pas à son interface web ou mobile ; pour des projets plus complexes, l’usage de l’API d’OpenAI reste indispensable.
Malgré ces critiques, GPT-5 est largement considéré comme une étape clé vers l’intelligence artificielle générale (AGI). Ce concept, visant une IA capable de comprendre, apprendre et appliquer des connaissances à une vaste gamme de tâches, se rapproche avec chaque nouvelle itération. GPT-5 ne peut pas encore égaler les performances d’une AGI théorique, mais ses capacités ont considérablement évolué par rapport à la version 4.
Pour tirer le meilleur parti du modèle, les utilisateurs sont encouragés à explorer les nouveaux paramètres de « raisonnement » et de « verbo¬sité », ajustables notamment via l’interface de programmation (API). Le paramètre de raisonnement détermine la profondeur de réflexion de l’IA pour construire sa réponse, tandis que celui de verbosité contrôle le degré de détail et d’explication. Ces réglages permettent d’influencer la qualité des résultats et, dans une certaine mesure, la manière dont l’IA « pense ».
La position dominante de l’Open AI s’affaiblit
L’affirmation selon laquelle GPT-5 représente une avancée majeure justifiant des investissements colossaux de plusieurs milliards de dollars est loin d’être universellement acceptée. Il s’agirait plutôt d’une étape intermédiaire sur le chemin de l’AGI. L’époque où OpenAI dominait le marché du développement de l’IA est révolue. Si l’entreprise reste un acteur majeur, la concurrence propose désormais des solutions aussi performantes, voire supérieures dans certains domaines. Tandis qu’OpenAI se concentre sur le marché de masse, des concurrents comme Anthropic et Google excellent dans des niches spécifiques, telles que le codage ou l’analyse de données.
La course à la suprématie de l’AGI n’est pas la seule mesure de succès. Il est probable qu’aucune entité mondiale ne détienne un monopole sur l’intelligence artificielle générale. De plus, les avancées en Chine restent largement méconnues en Occident, et les solutions européennes ne manquent pas d’atouts. Il n’est pas exclu que la première AGI émerge des laboratoires chinois, avec des applications potentiellement axées sur la recherche, l’économie ou même le domaine militaire, contrastant avec les objectifs purement commerciaux.