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Commerzbank : le plan du conseil d’administration pour 2026 déplaît à la bourse

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Publié le 11 février 2026 à 23h07. Commerzbank a dévoilé des objectifs ambitieux pour 2026, visant une nette amélioration de sa rentabilité, mais les marchés ont accueilli ces annonces avec une certaine prudence, dans un contexte de rumeurs de reprise par Unicredit.

  • Commerzbank ambitionne d’atteindre un bénéfice après impôts d’au moins 3,2 milliards d’euros en 2026, soit un rendement des capitaux propres de 11,2 %.
  • Les réactions des analystes sont mitigées, certains restant sceptiques malgré les promesses répétées de la direction.
  • L’action Commerzbank a connu une journée difficile mercredi, malgré les efforts de la direction pour rassurer les investisseurs.

Lors de sa conférence de presse annuelle, la direction de Commerzbank, menée par sa présidente Bettina Orlopp et son directeur financier Carsten Schmitt, a affiché son optimisme quant à l’avenir de la banque. L’établissement financier s’attend à ce que son bénéfice après impôts passe de 2,6 milliards d’euros en 2025 à au moins 3,2 milliards d’euros en 2026. Un tel résultat permettrait à Commerzbank d’atteindre un rendement des capitaux propres de 11,2 %, contre 8 % actuellement.

La direction a souligné que les résultats du quatrième trimestre 2025 étaient supérieurs aux attentes, justifiant ces prévisions optimistes. Commerzbank a d’ailleurs annoncé mardi un dividende augmenté de 70 % à 1,10 euro par action, qui sera versé après l’assemblée générale du 20 mai 2026. Les objectifs pour 2026, selon Bettina Orlopp, représentent une « limite inférieure conservatrice de notre planification », laissant entrevoir un potentiel de croissance supplémentaire.

Cependant, ces annonces n’ont pas suffi à convaincre les marchés. L’action Commerzbank a brièvement chuté sous la barre des 33 euros mercredi, atteignant le plus bas du DAX avec une perte quotidienne de 5 %. Elle a partiellement récupéré en fin de séance, clôturant à environ 34,55 euros, soit une baisse de 2 %.

Ces fluctuations sont d’autant plus significatives que Commerzbank se prépare à une éventuelle reprise par la banque italienne Unicredit. Un cours de bourse élevé constitue en effet sa meilleure défense face à une offre de rachat.

En parallèle, le cours de l’action Unicredit a affiché de meilleures performances ces derniers mois. Sur six mois, l’action Commerzbank a perdu 6 %, tandis que celle d’Unicredit a gagné 12 %. Sur un an, Commerzbank affiche une augmentation de 78 %, contre 60 % pour Unicredit. Bettina Orlopp a commenté cette situation en soulignant que suivre l’évolution de ces tendances était « bon pour les nerfs », ajoutant en anglais : « The trend is our friend ».

Commerzbank pourrait donc connaître des semaines agitées. À partir de mi-février, Unicredit, qui détient déjà 29 % des actions de Commerzbank, devrait proposer aux actionnaires restants une offre comprenant à la fois des liquidités et des actions Unicredit, conformément à la législation sur les offres publiques d’achat (OPA) si sa participation dépasse 30 %. L’évolution relative des prix des deux actions bancaires sera donc déterminante.

Bettina Orlopp a déclaré ne pas s’attendre à une telle offre, estimant, à l’instar d’Andrea Orcel, son homologue chez Unicredit, que la valeur marchande de Commerzbank est actuellement trop élevée pour être attractive dans le cadre d’une acquisition complète. « Mais nous sommes prêts à tout », a-t-elle toutefois ajouté.

Par ailleurs, Commerzbank a dû faire face à des charges exceptionnelles liées à des investissements malheureux. L’acquisition d’Aquila Capital, un gestionnaire d’actifs spécialisé dans les énergies renouvelables, s’est révélée coûteuse. La banque a décidé d’amortir intégralement les revenus futurs de la clientèle, ce qui pèsera sur le bénéfice 2025 à hauteur de 117 millions d’euros. De plus, 562 millions d’euros d’indemnités de licenciement, liées à la suppression de 3 000 emplois en Allemagne, ont également impacté le résultat annuel avant impôts.

Les procédures judiciaires en Pologne concernant les prêts en francs suisses de sa filiale M-Bank ont également pesé sur les résultats, avec des compensations versées aux clients représentant plus d’un milliard d’euros en 2024 et 483 millions d’euros en 2025. Commerzbank mise désormais sur l’intelligence artificielle pour limiter la croissance des coûts et améliorer sa rentabilité. L’IA est testée dans tous les domaines de la banque, notamment pour la détection des fraudes.

La filiale polonaise M-Bank, en revanche, affiche une croissance solide, avec une augmentation de ses revenus de 32 % en 2025. Elle représente désormais près de 20 % des revenus du groupe. Commerzbank a relevé ses prévisions de revenus nets d’intérêts pour 2026 à 8,5 milliards d’euros, malgré la baisse attendue des taux d’intérêt directeurs de la Banque centrale européenne (à 2 % en 2025). La structure des taux d’intérêt, avec des taux plus élevés sur les prêts à long terme, est favorable à la banque, qui dispose d’environ 50 milliards d’euros de dépôts excédentaires.

Les revenus nets de commissions devraient également croître de 7 % par an. Commerzbank a supprimé les comptes courants gratuits en 2025, ce qui a eu un impact négatif sur la satisfaction des clients, mais contribue à atteindre l’objectif d’un rendement des capitaux propres supérieur à 11 % en 2026 et à 15 % en 2028.

Enfin, Bettina Orlopp a abordé les enjeux géopolitiques, soulignant la nécessité pour l’Europe de trouver sa place dans un nouvel ordre mondial. Commerzbank se positionne comme un partenaire des entreprises allemandes de taille moyenne en période d’incertitude. « Nous sommes la banque de l’Allemagne », a-t-elle affirmé, tout en reconnaissant que la demande de prêts est principalement tirée par les grandes entreprises investissant à l’étranger et par le secteur public. Concernant la dépendance au dollar américain, Carsten Schmitt a indiqué que 15 % des actifs de Commerzbank sont libellés en dollars. Il a confirmé que les régulateurs bancaires posent davantage de questions sur la liquidité du dollar, mais que Commerzbank est bien positionnée grâce à sa propre succursale aux États-Unis et à ses obligations en dollars.

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