Publié le 16 février 2024 à 10h30. La traditionnelle brioche de Mardi Gras se réinvente dans les boulangeries scandinaves, influencée par les saveurs suédoises et danoises, allant jusqu’à des créations luxueuses à plusieurs centaines de couronnes.
- Les boulangeries proposent désormais des variantes à la pâte d’amande, à la cannelle et autres pâtisseries, en plus des classiques à la confiture et à la crème.
- À Copenhague, certaines brioches atteignent des prix records, allant jusqu’à 750 couronnes norvégiennes (environ 65 €) avec des garnitures de luxe.
- L’intérêt pour les brioches de Mardi Gras semble repartir à la hausse en Norvège, avec une saison de vente qui s’allonge.
Les rayons des boulangeries norvégiennes se sont métamorphosés : la brioche de Mardi Gras, autrefois prévisible avec sa simple garniture de confiture et de crème, se pare aujourd’hui de nouvelles saveurs et de créations audacieuses.
« Il y a peu de temps encore, c’était très simple : une brioche nature, coupée en deux, garnie de confiture et de crème, saupoudrée d’un peu de sucre glace », explique Torunn Nordbø, directrice générale du Bureau d’information sur le pain et les céréales, à DinSide.
Mais cette simplicité est en train de disparaître. L’influence suédoise se fait sentir depuis plusieurs années, avec l’apparition de la semla, une brioche à la pâte d’amandes, de plus en plus populaire. Certaines boulangeries proposent également des brioches fourrées à la crème fouettée et aux amandes.
« Certaines boulangeries ont même des petits pains, fourrés aux amandes et crème fouettée », précise Torunn Nordbø.
Parallèlement, l’influence danoise se manifeste par une plus grande liberté dans les garnitures. La crème reste l’élément constant, mais elle est aromatisée de différentes manières. Les Danois ont ainsi exploré des combinaisons plus audacieuses, allant jusqu’à des brioches garnies de truffes.
Suède, Danemark et Norvège : une évolution gourmande
Torunn Nordbø souligne que les Danois ont été les premiers à diversifier les garnitures, mais que cette tendance s’est également développée en Suède depuis une dizaine d’années. Ces dernières années, l’expérimentation a pris de l’ampleur, avec des créations allant de la pizza semla au wrap semla.
« Les Suédois explorent à la fois la forme et le contenu, mais pas nécessairement en même temps », explique-t-elle.
L’innovation ne s’arrête pas là : des chips aromatisés au goût de brioche ont même fait leur apparition, tout comme le burger de Mardi Gras de Burger King, proposé à Oslo pendant une saison.

Les brioches de Mardi Gras sont également de plus en plus soignées, avec l’ajout de baies dans la crème pour la coloration, de chocolat ou de noix pour la gourmandise.
Le chef pâtissier Jared Chuah, du Café Lucy de l’hôtel Sommerro à Oslo, a créé un hybride de brioche scandinave de Mardi Gras.
« Je trouvais que les versions suédoise et norvégienne étaient un peu ennuyeuses, alors j’ai pensé à combiner le meilleur des deux »
Jared Chuah, chef pâtissier
Sa brioche a la forme d’un shilling, avec une pâte d’amandes et du beurre dans les coins, parsemée d’amandes marcona salées hachées et nappée d’un sirop de cardamome. L’objectif est de conserver une texture moelleuse.

Le luxe à la danoise
À Copenhague, les traditions de Mardi Gras ont atteint des sommets d’extravagance. L’année dernière, la boulangerie de l’hôtel Angleterre a créé une brioche garnie d’or et de caviar pour la somme de 750 couronnes norvégiennes (environ 65 €). Cette création, disponible sur commande, a rapidement trouvé preneur, comme l’indique le site internet de l’hôtel.
Cette année, ils ont dépassé les bornes en remplaçant le caviar par des truffes. Le prix ? 750 couronnes norvégiennes.
Chuah explique que, bien que les brioches danoises soient les plus extravagantes, leur prix ne correspond pas aux attentes de la clientèle du Café Lucy.
« Nous voulions nous assurer de ne pas avoir trop de déchets, car c’est le week-end, c’est la Saint-Valentin et les vacances d’hiver commencent dans l’est de la Norvège », précise-t-il.
La saison des brioches de Mardi Gras s’allonge traditionnellement, commençant plusieurs semaines avant la date officielle. En Norvège, cette tendance est moins marquée qu’en Suède, où les ventes débutent presque dès le début de l’année.
« Ici, cela commence plutôt deux ou trois semaines avant, et c’est la semaine précédant le Mardi Gras qui est la plus forte », explique Nordbø.
Bien que DinSide ait repéré quelques brioches de Mardi Gras dans un café d’Oslo il y a quatre semaines, cela reste une exception. L’engouement pour les brioches de Mardi Gras semble repartir de plus belle en Norvège, en lien avec l’approche du Carême.
« Nous pensons que cela s’était un peu calmé, mais il semble que cela reprenne maintenant », conclut Torunn Nordbø, soulignant que de nombreuses boulangeries artisanales signalent encore de nombreuses commandes à l’avance et de longues files d’attente.

