Publié le 13 octobre 2025, 12h58. La rappeuse Katja Krasavice a violemment réagi après des perquisitions menées à son domicile et celui de sa mère, dénonçant un traitement policier qu’elle juge abusif et traumatisant, notamment pour les enfants présents.
Après plusieurs jours de silence suite aux perquisitions menées jeudi dernier dans son appartement berlinois et chez sa mère à Leipzig, la rappeuse Katja Krasavice a choisi de s’exprimer publiquement. Dans une vidéo de près de dix minutes postée sur TikTok, la jeune femme de 29 ans s’adresse à ses fans tout en lançant des attaques virulentes contre la police et la presse. Cependant, ses propos, bien que nombreux, peinent à convaincre quant à la légitimité de ses accusations.
Katja Krasavice a confirmé les faits, décrivant une intervention policière à 6 heures du matin dans son domicile. Elle, son frère, sa nièce de neuf ans et son neveu de 13 ans, qui se trouvaient sur place, étaient « profondément endormis ». La rappeuse a déclaré avoir d’abord refusé d’ouvrir la porte pendant une heure, arguant qu’elle payait « près de 50% d’impôts dans ce pays » et n’ayant « rien fait de mal ».
C’est en entendant sa nièce pleurer, « morte de peur », qu’elle s’est décidée à ouvrir. Elle a exigé de voir le mandat de perquisition, mais le document lui aurait été montré brièvement, l’empêchant de le lire correctement. Selon son récit, face à son insistance pour réexaminer la lettre, les forces de l’ordre auraient enfoncé sa porte à coups de bélier.
Elle affirme qu’« au moins 15 » policiers armés étaient présents dans son appartement. Elle, son frère, son neveu et sa nièce auraient été privés de leur liberté de mouvement, y compris pour se rendre aux toilettes seuls. Elle dénonce également une écoute des appels téléphoniques, y compris ceux de son avocat, qu’elle compare à des méthodes de la Stasi. Elle s’indigne de s’être vu interdire de parler en tchèque à son neveu, s’interrogeant sarcastiquement sur les intentions supposées des policiers.
La réalité de l’existence d’un mandat de perquisition est confirmée par le parquet de Berlin, qui précise que celui-ci a été délivré par le tribunal d’instance de Tiergarten. Katja Krasavice a également mentionné dans sa vidéo qu’une descente avait eu lieu chez sa mère, âgée de 60 ans, à Leipzig, où elle se trouvait « toute seule ».
Dans sa vidéo, la rappeuse multiplie les critiques envers la police et ce qu’elle appelle les « insuffisances sociales ». Elle affirme lire « pratiquement aucun article de presse car il n’y a que des conneries dedans ». Elle s’insurge que l’argent des impôts ne soit pas plutôt utilisé pour lutter contre les « harceleurs, les insulteurs, les violeurs et les pédophiles ». Elle déclare avoir honte qu’une personne se soustrayant à l’impôt « reçoive une punition plus sévère qu’un agresseur d’enfants ».
Le contexte de l’enquête remonte à une vidéo publiée par la rappeuse début juin sur TikTok. Elle y évoquait une conduite en état d’ivresse en mai 2025 à Leipzig et le contrôle policier qui s’en était suivi. Elle avait ensuite affirmé avoir reçu un message WhatsApp d’un policier impliqué dans ce contrôle, lui proposant une rencontre privée pour discuter de l’affaire. Ce message aurait été diffusé dans la foulée.
Selon le parquet de Berlin, les enquêteurs suspectent que cette histoire est fabriquée. Une personne originaire d’Oranienburg, dans le Brandebourg, est également visée par l’enquête, soupçonnée d’être l’auteur du message WhatsApp. Une perquisition à son domicile aurait également eu lieu jeudi.
Étant donné que la vidéo TikTok de Krasavice aurait été tournée dans la région de Berlin, le parquet de la capitale est compétent. Parallèlement, le parquet de Leipzig poursuit son enquête sur la conduite en état d’ivresse de la chanteuse.
Dans sa déclaration sur les perquisitions, Katja Krasavice aborde l’accusation de « faux soupçons » portée contre elle, sans toutefois confirmer ou infirmer la véracité des faits. Elle retourne l’argument, demandant si mentir justifierait un tel traumatisme infligé aux enfants de sa famille et à sa mère. Elle accuse les enquêteurs de ne se soucier que de leur propre image. La vidéo s’achève sur une note provocatrice : « Bonjour, votre criminelle sérieuse multi-multi-multi-multi-multi-multimillionnaire Katja. Vous ne pouvez pas me rabaisser – même si je n’ai que 1,60 m. »