Mis à jour le samedi 1 novembre à 16h24. Un ressortissant suédois de 30 ans, reconnu par la police dans le quartier de Grønland à Oslo, a été expulsé de Norvège. Cette mesure, assortie d’une interdiction de deux ans, fait suite à ses condamnations passées pour des faits graves et à son implication présumée dans le recrutement de jeunes à risque pour le crime organisé.
- Un Suédois de 30 ans a été expulsé de Norvège et interdit de territoire pour deux ans après avoir été repéré dans la rue de Grønland à Oslo.
- La police a trouvé de l’argent liquide et des sacs de conditionnement dans son appartement, suggérant une activité criminelle.
- Les autorités suédoises le soupçonnent de recruter de jeunes individus pour le compte de réseaux criminels.
- Depuis janvier, 33 personnes liées à des réseaux criminels étrangers ont été expulsées de Norvège, dont 24 Suédois.
C’est le 10 octobre dernier qu’un agent a formellement identifié l’homme, déjà connu pour des condamnations mineures en Norvège depuis 2020. Son casier judiciaire suédois, en revanche, est plus préoccupant, comme l’a souligné Andreas Meeg-Bentzen, procureur de police au district d’Oslo :
« Il a été condamné régulièrement depuis son plus jeune âge, principalement pour violences graves et pour des affaires liées à la drogue. »
Andreas Meeg-Bentzen, procureur de police
En mai dernier, l’individu avait été brièvement arrêté à Oslo pour possession de quelques grammes de marijuana. Il avait ensuite disparu, avant d’être finalement retrouvé dans le quartier de Grønland.
Lors d’une perquisition, les forces de l’ordre ont découvert dans son appartement un logement sommairement meublé, une somme d’argent liquide dissimulée dans le ventilateur de la cuisine, ainsi que des sacs de conditionnement zippés (ziplock) dans une armoire.
Des sommes discrètes mais significatives
Bien que la quantité d’argent liquide retrouvée ne soit pas considérable, son mode de dissimulation et la présence des sacs zippés, couramment utilisés pour le conditionnement de stupéfiants, ont attiré l’attention des autorités. Aucune drogue n’a cependant été saisie dans l’appartement.
« Il ne s’agit pas de grosses sommes, mais c’était quand même caché », a précisé Meeg-Bentzen.
Andreas Meeg-Bentzen, procureur de police
Le vendredi 17 octobre, l’individu a été expulsé de Norvège, avec une interdiction d’y revenir pendant deux ans. Il a été reconduit en Suède le week-end suivant.
La Direction de l’Immigration (UDI) a motivé sa décision d’expulsion en considérant l’évaluation des menaces par la police, les antécédents criminels de l’individu, son entourage, ainsi que son implication dans des affaires de drogue et de violence. L’administration a estimé qu’il existait une probabilité élevée qu’il reste en Norvège dans le but de commettre des actes délictueux, notamment en raison de ses liens présumés avec des gangs criminels en Suède, tels que le réseau « Bergagänget » qui serait aujourd’hui dissous mais dont les membres auraient rejoint d’autres groupes.
« Les liens avec des gangs en Suède n’ont pas été abordés lors de l’audience sur la détention », a précisé Marte Svarstad Brodtkorb, avocate du jeune homme.
Marte Svarstad Brodtkorb, avocate
« Une influence sur les jeunes vulnérables »
La décision d’expulsion mentionne également les informations de la police suédoise indiquant que cet individu aurait recruté d’autres personnes pour commettre des délits dans son pays d’origine. Le réseau auquel il aurait appartenu est décrit comme ayant « une forte influence sur les jeunes dans les zones à risque ».
« Il s’agit d’une personne qui, selon les autorités suédoises, a le potentiel d’influencer les jeunes vulnérables », a déclaré le procureur de police.
Andreas Meeg-Bentzen, procureur de police
La police norvégienne n’a cependant pas d’éléments prouvant que de tels recrutements auraient eu lieu sur le territoire norvégien. Andreas Meeg-Bentzen considère que le renforcement des mesures de lutte contre le crime organisé en Suède conduit certains criminels à chercher refuge en Norvège. Il estime que les expulsions de ce type sont essentielles pour prévenir l’implantation de réseaux criminels et protéger les jeunes et les populations vulnérables contre le recrutement.
« C’est pourquoi il est important d’envoyer un signal fort indiquant que la police surveille leurs activités », a-t-il conclu.
En septembre, le journal VG rapportait que l’UDI avait prononcé 33 expulsions cette année concernant des personnes liées à des réseaux criminels étrangers, suite à des enquêtes initiées par le district de police d’Oslo. Parmi elles, 24 étaient des ressortissants suédois, dont des membres présumés des gangs « Death Patrol », « Shottaz » et « Foxtrot ».