Publié le 2025-10-14 03:20:00. Le président malgache Andry Rajoelina a annoncé être en sécurité après une tentative d’assassinat, sur fond de troubles politiques croissants dus aux coupures d’eau et d’électricité. La situation dégénère alors que des militaires d’élite ont rejoint les manifestations appelant à sa démission.
- Le président Andry Rajoelina a révélé un complot visant à l’assassiner, l’obligeant à se retirer dans un lieu sûr.
- Des manifestations massives, initiées par les pénuries de services essentiels, se sont transformées en un appel général à la démission du président.
- La France, par la voix d’Emmanuel Macron, a exprimé son inquiétude face à la crise institutionnelle dans l’île.
Dans une allocution vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le président de Madagascar, Andry Rajoelina, a déclaré ce lundi 14 octobre 2025 être hébergé « dans un endroit sûr ». Cette annonce intervient alors que le pays est secoué par une crise politique et sociale majeure, exacerbée par de fréquentes coupures d’eau et d’électricité. Le dirigeant a affirmé avoir été informé d’une tentative d’assassinat et de complots de coup d’État orchestrés par « un groupe de militaires et de politiciens » depuis le 25 septembre. Âgé de 51 ans, il a justifié son retrait temporaire par la volonté de « préserver son intégrité physique et éviter une altercation entre les forces armées malgaches ».
C’est la première apparition publique du président Rajoelina depuis que les tensions ont culminé. Des rumeurs persistantes faisaient état de sa fuite du pays, notamment après la mutinerie d’une unité militaire d’élite qui aurait rejoint les protestataires. Ces manifestations, menées en grande partie par des jeunes, ont éclaté initialement en réaction aux coupures de courant et aux difficultés d’approvisionnement en eau dans cette nation africaine parmi les plus pauvres du continent. La protestation s’est rapidement élargie, alimentant une demande massive de démission contre Andry Rajoelina, arrivé au pouvoir en 2009 suite à un précédent coup d’État et dont le mandat a été marqué par des crises institutionnelles récurrentes.
Face à la pression croissante pour quitter ses fonctions, le président Rajoelina a insisté sur le fait que le respect de la Constitution en vigueur était la « seule façon » de résoudre le conflit actuel. Il a également abordé la question énergétique, à l’origine de la crise sociale, en indiquant vouloir trouver une solution. « J’ai une mission ici : trouver une solution. Et comme le problème c’est l’électricité, je me chargerai de réceptionner les groupes électrogènes que nous enverrons ensuite à Madagascar », a-t-il déclaré, suggérant une possible gestion de l’aide technique depuis l’extérieur du territoire national, sans toutefois le confirmer explicitement.
Des informations publiées par la presse locale et internationale, notamment par Radio France Internationale, ont rapporté que le président Rajoelina aurait quitté le territoire malgache à bord d’un avion militaire français ce week-end. Interrogé sur ces allégations lors d’un déplacement en Égypte, le président français Emmanuel Macron a déclaré : « Je ne confirmerai rien aujourd’hui. Je veux juste exprimer notre grande inquiétude ». Cette déclaration renforce l’attention internationale portée à la situation dans l’île.
La crise institutionnelle à Madagascar s’est intensifiée ces dernières semaines, avec des manifestations ayant donné lieu à des affrontements, des blessés et des accusations de répression. Les revendications citoyennes, initialement axées sur l’amélioration des services de base, se sont muées en un vaste mouvement socio-politique réclamant démocratisation et changement de leadership. Le soutien au président au sein des forces armées semble s’être érodé, comme en témoigne la mutinerie des troupes d’élite qui ont publiquement exprimé leur rejet du gouvernement. La communauté internationale observe avec attention l’évolution de la situation, tandis que la population malgache reste mobilisée face à l’incertitude politique et à une crise des services qui ne cesse d’aggraver les troubles sociaux.