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Crise de Gaza: assemblage des Nations Unies et réactions mondiales

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Publié le 2 octobre 2025. Alors que la guerre à Gaza entre dans sa deuxième année, l’ONU, malgré sa marginalisation diplomatique, continue de plaider pour une résolution pacifique du conflit. La reconnaissance de la Palestine comme État par onze pays le 22 septembre marque une étape symbolique, tandis que la situation humanitaire sur le terrain reste critique.

  • Onze pays, dont le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Portugal et la France, ont reconnu la Palestine comme État le 22 septembre, portant le total à 157 membres de l’ONU.
  • Israël a réagi vivement, accusant ces pays de récompenser le terrorisme et réaffirmant qu’il n’y aurait « pas d’État palestinien ».
  • Des organisations onusiennes comme l’OMS, l’UNICEF, l’UNRWA et l’OCHA sont actives sur le terrain à Gaza, fournissant des rapports cruciaux en l’absence d’accès pour les médias internationaux indépendants.

Le 22 septembre, l’Assemblée générale des Nations Unies à New York a vu onze pays reconnaître la Palestine comme État. Cette décision intervient alors qu’Israël poursuit son offensive terrestre dans la ville de Gaza, causant de nouvelles pertes et des déplacements massifs de population. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a immédiatement dénoncé cette reconnaissance, la qualifiant de « récompense énorme pour le terrorisme ». Des membres de son gouvernement ont même plaidé pour l’annexion permanente de la Cisjordanie occupée.

Ces reconnaissances interviennent dans le sillage d’un conflit de près de deux ans à Gaza, qui a causé la mort de dizaines de milliers de Palestiniens et plongé environ deux millions de personnes dans la pauvreté. L’ONU a officiellement constaté une famine dans le territoire, et une Commission d’enquête internationale indépendante a conclu qu’Israël avait commis un génocide, des allégations qu’Israël réfute. La guerre avait débuté suite à une attaque du Hamas contre le sud d’Israël le 7 octobre 2023, entraînant la mort de plus de 1 100 personnes et la prise de 251 otages.

Un sommet organisé par la France et l’Arabie saoudite a tenté de relancer la « solution à deux États », prévoyant la coexistence d’un État israélien et d’un État palestinien. Cependant, l’absence de soutien américain et israélien soulève la question de la portée symbolique de ces déclarations. Le rôle de l’ONU dans la recherche d’une résolution durable est remis en question, d’autant plus que l’ancien président américain Donald Trump a proposé son propre plan de paix sans implication de l’organisation.

Un cadre politique bloqué

« Tant que les États-Unis soutiennent systématiquement Israël – y compris par le biais de vetos au Conseil de sécurité – rien ne se passera au Conseil de sécurité », a déclaré Marc Finaud, chercheur au Geneva Centre for Security Policy (GCSP) et ancien diplomate français, à Swissinfo. Seul le Conseil de sécurité des Nations Unies est habilité à établir un cadre politique pour la mise en œuvre d’une solution à deux États. Cependant, cet organe reste paralysé par le droit de veto de ses cinq membres permanents. Néanmoins, en continuant à plaider pour une solution à deux États, l’ONU maintient un rôle politique au Moyen-Orient, selon Finaud.

Le sommet onusien s’appuyait sur la « Déclaration de New York », adoptée le même mois par l’Assemblée générale à une large majorité de 142 États, dont la Suisse. Cette déclaration appelait à « une paix juste et durable fondée sur le droit international et la solution à deux États ». Elle exigeait la libération immédiate et inconditionnelle de tous les otages encore détenus à Gaza par le Hamas, le désarmement du groupe militant, son exclusion de la gouvernance à Gaza, ainsi que des garanties de sécurité collective.

Le sommet mondial de New York s’est déroulé « dans un contexte régional particulièrement troublant », a souligné l’ONU, citant notamment « les frappes aériennes israéliennes sur des dirigeants du Hamas au Qatar le 9 septembre ; et l’accélération des activités de colonisation israéliennes en Cisjordanie (en violation du droit international) ».

Pour en savoir plus sur le rôle de l’ONU au Moyen-Orient :

Tom Fletcher, sous-secrétaire général aux affaires humanitaires et coordinateur des secours d'urgence, s'exprime lors d'une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies sur Gaza et le Moyen-Orient, au siège de l'ONU à New York le 18 mars 2025.

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Rôle d’information et de plaidoyer

L’ONU joue un rôle essentiel dans la surveillance du respect du droit international par les deux parties. Diverses organisations d’aide, dont l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), l’Agence de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), sont déployées dans la bande de Gaza. Elles fournissent des rapports et des mises à jour quotidiennes sur la situation.

Dans un contexte où Israël restreint l’accès des médias internationaux indépendants à la bande de Gaza et où quelque 200 journalistes palestiniens ont été tués depuis le début du conflit, le plus grand nombre jamais enregistré dans un conflit, ces organisations jouent un rôle d’information crucial. Des entités comme l’OCHA fournissent des mises à jour quotidiennes sur Gaza et la Cisjordanie, qui sont précieuses pour les journalistes du monde entier.

« Une grande partie des informations recueillies sert également à plaider en faveur de l’accès humanitaire et du respect du droit international », explique Jens Laerke, porte-parole de l’OCHA. « L’OCHA est également en contact direct avec un grand nombre d’États membres, et la question du droit international est presque toujours soulevée », ajoute-t-il. « Nous avons également souligné à plusieurs reprises que le Hamas et d’autres groupes armés doivent libérer tous les otages immédiatement et sans condition. »

Selon Marc Finaud, les agences d’aide des Nations Unies ont également une portée politique, car elles informent régulièrement non seulement le Conseil de sécurité, mais aussi les médias sur la situation dans la bande de Gaza. « Cela contribue à la prise de conscience. Il est clair que des pays qui hésitaient à prendre position contre Israël, comme l’Allemagne, ont évolué. » Fin septembre, suite à l’annonce par Israël que son armée prendrait le contrôle de la ville de Gaza pour libérer des otages, l’Allemagne a suspendu l’exportation d’équipements militaires vers Israël.

Funérailles du journaliste palestinien Samer Abu Daqqa. La guerre à Gaza a tué plus que tout autre conflit enregistré.

Funérailles du journaliste palestinien Samer Abu Daqqa. La guerre à Gaza a tué plus que tout autre conflit enregistré.

Clé de voûte

Critiques sur un système d’aide militarisé

Les organisations d’aide des Nations Unies continuent d’opérer à Gaza, distribuant de l’aide, apportant un soutien aux infrastructures et assurant l’éducation, malgré les restrictions d’accès imposées par Israël. Fin mai, Israël, soutenu par les États-Unis, a créé la Gaza Humanitarian Foundation (GHF) pour remplacer le système d’aide non dirigé. Marc Finaud décrit la GHF comme étant « conforme à l’approche traditionnelle israélienne et américaine visant à éviter tout ce qui est multilatéral, contrôlé et répondant aux critères humanitaires ».

La GHF a fait l’objet de vives critiques internationales pour avoir « militarisé » l’aide et accentué la famine dans le territoire. Entre le 27 mai et le 9 septembre, au moins 2 256 personnes ont été tuées lors de tentatives d’accès aux sites de distribution alimentaire de la GHF, selon le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (OHCHR). Début août, des experts de l’ONU ont demandé la dissolution de la GHF.

En savoir plus sur la Gaza Humanitarian Foundation :

Famine et plan de paix américain

Israël a réfuté toute allégation de tirs délibérés sur des civils. Le 22 août, la Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire (IPC), une initiative majeure en matière de sécurité alimentaire soutenue par l’ONU, a déclaré une famine dans le nord de Gaza.

« Lorsque nous parlons de solution politique, de négociations, les organisations humanitaires des Nations Unies peuvent montrer que sans elles, peu de choses peuvent être accomplies », explique Marc Finaud. « Cela aide à sensibiliser. Il est clair que les pays qui hésitaient à prendre position contre Israël, comme l’Allemagne, ont évolué. »

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En marge de l’Assemblée générale des Nations Unies fin septembre, Donald Trump a présenté un plan de sortie de crise pour Gaza lors d’une réunion avec des représentants d’États arabes et musulmans, dont la Turquie et l’Indonésie. Ce plan inclut la libération de tous les otages israéliens et des mesures pour faire face à la crise humanitaire, notamment l’acheminement d’au moins 600 camions d’aide par jour, la réparation des infrastructures et le déblaiement des décombres. Bien que non impliquée dans les négociations, l’ONU participera à la mise en œuvre de ce plan, notamment via la distribution d’aide par des « agences internationales neutres comme l’ONU et le Croissant rouge ».

Au moment de la publication, le Hamas n’avait pas encore formellement accepté le plan, qui avait cependant reçu l’approbation d’Israël le 29 septembre.

Article édité par Virginy Mangin / VDV

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