L’Andalousie se retrouve plongée dans une crise du dépistage du cancer du sein, laissant près de 2 000 femmes dans l’attente de leurs résultats de mammographie. Le gouvernement régional, dirigé par Juanma Moreno Bonilla, s’appuie sur un protocole datant de 2011, qui dispense de l’obligation d’informer les patientes dont les examens ne sont pas formellement concluants. Cette interprétation de la règle vise à limiter les retards de diagnostic, notamment à l’hôpital Virgen del Rocío de Séville, mais suscite l’inquiétude et le questionnement de nombreuses femmes, même celles issues d’autres provinces.
« On m’a dit que si on ne m’appelait pas, c’était que je pouvais y aller tranquillement, que tout allait bien », témoigne Sandra Gil, résidant à Jerez de la Frontera (Cadix). Cette habitante a découvert par elle-même, via une vérification en ligne, que son diagnostic n’était pas formellement concluant et qu’elle n’avait pas été informée de cette situation.
Face à cette situation, un plan d’urgence annoncé par le président Juanma Moreno pour tester toutes les femmes concernées avant le 30 novembre semble déjà en difficulté. Ce vendredi, le gouvernement andalou a lui-même reconnu des obstacles quant au respect de ces délais. Le principal problème réside dans le recrutement des 65 radiologues promis pour accélérer le processus. Le manque de spécialistes disponibles et des incitations jugées insuffisantes pour attirer les professionnels du secteur privé vers le public rendent ce recrutement particulièrement ardu.
Ces difficultés pourraient compromettre la capacité de la région à respecter les échéances fixées pour l’examen de toutes les femmes concernées, laissant planer une ombre d’incertitude sur la prise en charge de ces patientes.