Publié le 18 février 2026 à 22h03. Un cinéaste japonais signe un premier long métrage d’animation intimiste et poétique, présenté en compétition à Berlin, qui explore les thèmes de la mémoire, de la gentrification et de la transmission familiale à travers l’histoire d’une usine de feux d’artifice menacée de destruction.
- Le premier film d’animation de Yoshitoshi Shinomiya, Une nouvelle aube, a été présenté en première mondiale au Festival de Berlin.
- L’œuvre aborde des thèmes tels que la gentrification, la dégradation environnementale, la loyauté et l’héritage familial.
- L’esthétique visuelle du film se distingue par son animation 2D picturale aux teintes pastel, contrastant avec les productions japonaises plus grandioses.
Une nouvelle aube, réalisé par Yoshitoshi Shinomiya, se démarque dans le paysage de l’animation japonaise contemporaine. Loin des effets spectaculaires de films comme Demon Slayer ou Chainsaw Man, ce long métrage offre une expérience plus contemplative et intimiste. Shinomiya, qui a travaillé comme peintre, concepteur d’arrière-plans et directeur de la deuxième unité sur des productions renommées comme Your Name (2016) de Makoto Shinkai, signe ici une œuvre personnelle et visuellement singulière.
L’histoire se déroule à Niura, dans la préfecture de Kanagawa, où Kaoru Shikimori, une cartographe basée à Tokyo, retourne dans sa ville natale à la demande d’un vieil ami, Sentaro. Ce dernier vit toujours dans la maison familiale, qui abrite également une usine de feux d’artifice centenaire, Obinata Fireworks, menacée de démolition par le gouvernement. Kaoru et Sentaro découvrent alors que Keitaro, le frère de Sentaro, s’efforce d’achever un feu d’artifice exceptionnel, le « shuhari », qu’il compte lancer juste avant l’expulsion.
Le film explore les relations complexes entre les trois personnages, confrontés à un passé douloureux et à la transformation de leur ville. La narration, concise et efficace, est soutenue par une bande originale synthétique évoquant les années 1980 et par des séquences oniriques en stop motion. La réalisatrice en chef Megumi Uchida, qui a collaboré sur des classiques de l’animation comme Le Voyage de Chihiro et Princesse Mononoké, apporte une sensibilité particulière à la mise en scène.
Au-delà de son intrigue personnelle, Une nouvelle aube propose une réflexion subtile sur les conséquences du développement capitaliste et la perte du patrimoine culturel. Le film dépeint la métamorphose de Niura, passant d’un paysage verdoyant à un terrain préparé pour l’implantation de panneaux solaires et de mégaprojets d’infrastructure. L’héritage familial des Obinata, marqué par un esprit de rébellion, ajoute une dimension symbolique à l’histoire.
Produit par Asmik Ace et Miyu Productions, Une nouvelle aube pourrait bénéficier d’une sortie en salles en Asie après sa présentation au Japon début mars. Son esthétique originale et son approche narrative pourraient également attirer l’attention des festivals spécialisés, des distributeurs et des plateformes de streaming à l’international. Les ventes internationales sont gérées par Charades.
Sociétés de production : Asmik Ace, Miyu Productions
Ventes internationales : sales@charades.eu
Producteurs: Fumie Takeuchi, Pierre Baussaron, Emmanuel-Alain Raynal
Scénariste : Yoshitoshi Shinomiya
Photographie : Anna Tomizaki
Conception et réalisation : Yoshitoshi Shinomiya, Akiko Majima
Montage : Megumi Uchida
Musique : Shuta Hasunuma
Acteurs principaux : Riku Hagiwara, Kotone Furukawa, Miyu Irino, Takashi Okabe