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Cuba commence à fermer des hôtels et à relocaliser les touristes en raison de la pénurie de carburant

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Publié le 7 février 2026 20h14. Face à une crise énergétique aiguë exacerbée par les sanctions américaines, Cuba réduit ses activités touristiques et met en œuvre un plan d’urgence rappelant les mesures d’austérité des années 1990.

  • Le gouvernement cubain a commencé à fermer certains hôtels et à transférer les touristes.
  • Cette décision s’inscrit dans un plan visant à réduire la consommation d’énergie et à faire face à la pénurie de carburant.
  • Le secteur du tourisme, déjà en crise, a enregistré son pire bilan depuis 2002 en 2025, avec seulement 1,8 million de visiteurs internationaux.

La situation actuelle est directement liée aux tensions croissantes avec les États-Unis et à la crise économique que traverse l’île. Les sanctions imposées par Washington, notamment celles visant le secteur pétrolier, ont considérablement limité l’accès de Cuba aux ressources énergétiques essentielles. L’opération militaire américaine à Caracas début janvier a également coupé un approvisionnement vital en énergie.

Le vice-Premier ministre Oscar Pérez-Oliva Fraga a annoncé vendredi à la télévision nationale la mise en place d’un « plan touristique » destiné à réduire la consommation d’énergie et à optimiser l’utilisation des infrastructures existantes pendant la haute saison touristique. Bien que les détails de ce « compactage » de l’infrastructure touristique n’aient pas été précisés, des sources anonymes ont confirmé à l’agence EFE que des hôtels, notamment dans la station balnéaire de Varadero et sur les îles du nord, ont été fermés et que leurs clients ont été relogés.

Le secteur touristique cubain, autrefois pilier de l’économie nationale, est en déclin depuis 2018, année où l’île avait enregistré un record de 4,7 millions de touristes grâce à un rapprochement avec les États-Unis sous l’administration Obama. Depuis, les mesures restrictives prises par l’administration Trump, la pandémie de Covid-19 et la crise économique actuelle ont entraîné une chute drastique du nombre de visiteurs. En 2025, seuls 1,8 million de touristes internationaux ont visité Cuba, le plus faible nombre depuis 2002 (hors années de pandémie).

Les principaux marchés émetteurs de touristes vers Cuba en 2025 ont été le Canada (754 010 visiteurs, en baisse de 12,4 % par rapport à l’année précédente) et la Russie (131 882 visiteurs, en baisse de 29 %). Des chaînes hôtelières internationales telles que les espagnoles Meliá et Iberostar, ainsi que la canadienne Blue Diamond, sont fortement implantées sur l’île.

Pour faire face à la crise énergétique, le gouvernement cubain a lancé un plan d’urgence qui comprend le rationnement des carburants, la promotion du télétravail et la mise en place de cours hybrides dans les universités. Le président Miguel Díaz-Canel a évoqué le concept d’« option zéro », un plan de survie inspiré des mesures d’austérité mises en œuvre dans les années 1990, lorsque l’effondrement du bloc soviétique avait plongé l’île dans une période de profonde crise économique.

Ce plan « option zéro » impliquait un rationnement extrême, l’utilisation de la traction animale, le recours au bois de chauffage pour la cuisine et le transport non motorisé, ainsi que la recherche de l’autosuffisance alimentaire. Cuba souffre de pannes fréquentes de ses centrales thermoélectriques obsolètes et du manque de devises étrangères pour importer les combustibles nécessaires à la production d’électricité depuis mi-2024.

Le 29 janvier, le président américain Donald Trump a accentué la pression en signant un décret menaçant d’imposer des droits de douane aux pays qui vendent du pétrole à Cuba.

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