Face à une crise énergétique aiguë, Cuba pourrait bientôt bénéficier d’une reprise limitée des livraisons de pétrole vénézuélien, grâce à un assouplissement des sanctions américaines. Washington a indiqué qu’elle examinerait favorablement les demandes de licences pour la revente de pétrole vénézuélien à l’île, une mesure destinée à soutenir la population cubaine.
La pénurie de carburant, déjà chronique en raison des difficultés économiques de l’île et du manque de devises étrangères, s’est considérablement aggravée depuis l’arrêt des livraisons de pétrole du Venezuela en janvier dernier. La vente de diesel est actuellement suspendue et l’essence est sévèrement rationnée sur l’île de 9,6 millions d’habitants.
Le Bureau américain de contrôle des avoirs étrangers (OFAC), relevant du Trésor américain, a précisé qu’il était disposé à accorder des licences permettant aux acteurs souhaitant revendre du pétrole vénézuélien à Cuba de le faire. Cependant, ces transactions ne doivent en aucun cas profiter « aux personnes ou entreprises liées à l’armée cubaine, aux services de renseignement ou à d’autres institutions gouvernementales », a souligné l’OFAC.
Parallèlement, des entreprises privées cubaines tentent d’importer directement du carburant, après que le gouvernement a récemment autorisé cette pratique face à la gravité de la crise. Une entreprise privée a ainsi annoncé avoir acheté un isotank de diesel, soit près de 25 000 litres, aux États-Unis, grâce à une « licence bis » émise par l’OFAC. D’autres entreprises cubaines étudient également la possibilité d’importer du diesel depuis des pays voisins ou européens.
Cette annonce intervient en marge d’une visite officielle du secrétaire d’État américain Marco Rubio dans les Caraïbes, où il a rencontré des dirigeants préoccupés par la détérioration de la situation humanitaire à Cuba. L’assouplissement des sanctions est présenté par Washington comme un geste de « soutien et de solidarité au peuple cubain ».