Publié le 24 février 2026 à 11h55. Face à une crise économique et énergétique aggravée par les sanctions américaines, Cuba a réaffirmé sa souveraineté à l’ONU tout en laissant la porte ouverte à un dialogue conditionnel avec Washington.
Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno Rodríguez Parrilla, a averti lundi que l’île devra faire face à des « privations et des souffrances », mais qu’elle résistera, devant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Il a dénoncé une politique délibérée d’asphyxie économique menée par les États-Unis.
Selon le ministre, un décret signé le 29 janvier par le président américain vise à « punir collectivement le peuple cubain » et à provoquer une « catastrophe humanitaire » en bloquant l’approvisionnement énergétique de l’île. Cuba Headlines rapporte que ce décret menace d’imposer des droits de douane aux pays exportant du pétrole vers Cuba.
« Le peuple cubain défendra avec la plus grande vigueur et le plus grand courage, dans une étroite unité et un large consensus, son droit à l’autodétermination, à l’indépendance, à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’ordre constitutionnel. »
Bruno Rodríguez Parrilla, ministre des Affaires étrangères
Rodríguez a également accusé les États-Unis d’exercer une « dictature » sur la scène mondiale et de considérer la « dépossession » comme un droit suprême. Il a remis en question l’utilisation des tarifs douaniers comme « instrument d’agression » et l’application extraterritoriale des lois américaines.
Malgré ce ton ferme, le ministre a exprimé une volonté de dialogue avec les États-Unis, à condition que celui-ci se base sur « l’égalité souveraine et le droit international, le respect mutuel et les avantages réciproques, sans conditions préalables ni ingérence dans les affaires intérieures ». Il a souligné la possibilité de parvenir à une « relation civilisée » et de promouvoir la coopération dans des domaines d’intérêt commun.
« Nous serons également disponibles pour un dialogue avec les États-Unis fondé sur l’égalité souveraine et le droit international, le respect mutuel et les avantages réciproques, sans conditions préalables ni ingérence dans les affaires intérieures. »
Bruno Rodríguez Parrilla, ministre des Affaires étrangères
Le ministre a reconnu que la situation actuelle entraînera des difficultés pour la population, mais a assuré que Cuba trouvera des « solutions créatives » pour atténuer les dégâts. Il a rappelé que le pays produit déjà près de la moitié du pétrole brut qu’il consomme et investit dans les énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire. CiberCuba souligne que trois générations de Cubains ont déjà surmonté plus de soixante ans de blocus américain.
Cette prise de parole intervient après l’intervention militaire américaine au Venezuela et la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier 2026, qui ont entraîné une perte de la principale source d’approvisionnement en pétrole de Cuba. CiberCuba précise que cette situation a exacerbé une crise énergétique et sociale qui menace de paralyser le pays.
Bruno Rodríguez Parrilla, né le 22 janvier 1958 à Mexico, est l’actuel ministre des Affaires étrangères de Cuba depuis 2009 et membre du Bureau politique du Parti communiste cubain. Wikipedia rappelle qu’il a également été représentant permanent de Cuba auprès des Nations unies de 1995 à 2003.