Après une chute marquée vendredi, les marchés financiers ont connu un répit notable lundi, alimenté par des déclarations apaisantes de Donald Trump et un regain d’optimisme sur le front commercial. Pékin, de son côté, a appelé Washington à une désescalade des tensions tarifaires et à un retour à la table des négociations pour solder les différends persistants.
Alors que la date butoir du 10 novembre, marquant la fin de la trêve commerciale entre les deux premières économies mondiales, approche, la prudence reste de mise. Les prochains jours seront cruciaux pour observer l’évolution de la situation, avec encore de la place pour des manœuvres politiques et des postures diplomatiques.
La journée de lundi a vu une partie des pertes enregistrées vendredi, où le marché avait chuté d’environ 5 %, être effacée. Au-delà de l’atténuation des craintes d’une nouvelle guerre commerciale, des données solides sur les importations chinoises ont renforcé la confiance, suggérant une forte demande pour le cuivre. Parallèlement, le shutdown prolongé du gouvernement américain continue d’affecter l’économie, sans signe de résolution imminente.
Dans un contexte de publications de données américaines ralenties, l’attention se tourne désormais vers les réunions d’automne du Fonds Monétaire International (FMI), où le président de la Réserve Fédérale, Jerome Powell, doit s’exprimer prochainement.
Tensions sur le marché du cuivre
Le cuivre, métal particulièrement sensible aux aléas d’approvisionnement, a été l’un des principaux moteurs de la vigueur récente de ses prix. Les perturbations actuelles à la mine indonésienne de Grasberg, la deuxième plus grande au monde, ont accentué cette tendance haussière. Il y a quelques semaines, l’opérateur Freeport-McMoran a déclaré la force majeure après qu’un glissement de terrain ait inondé des tunnels souterrains, entraînant des décès et une révision à la baisse significative des prévisions de production.
D’autres perturbations de production ont été signalées dans le monde, notamment au Chili et au Congo. Par conséquent, l’International Copper Study Group (ICSG) anticipe désormais un déficit de 150 000 tonnes sur le marché mondial du cuivre raffiné en 2026, contre un excédent précédemment attendu de 209 000 tonnes, en raison d’une croissance de production plus lente que prévu.
Dans le même temps, la demande de cuivre reste soutenue, comme en témoignent les récentes données commerciales chinoises. Les importations totales de la Chine ont atteint leur plus haut niveau en 17 mois, progressant de 7,4 % en glissement annuel pour atteindre 17 mois, contre 1,3 % en août, tandis que les exportations ont également dépassé les attentes. Cette performance est d’autant plus surprenante que des signes de ralentissement de la demande intérieure avaient été observés récemment. Les importations de matières premières ont été particulièrement dynamiques, avec une hausse de 13,4 % en glissement annuel pour le minerai de fer et de 24,4 % pour le cuivre.
Si les importations de nombreuses autres catégories ont également été robustes, l’impact du différend commercial entre les États-Unis et la Chine reste perceptible dans les données, les importations en provenance des États-Unis ayant chuté de 16,1 % en septembre. Les chiffres de septembre ont néanmoins été encourageants, notamment pour la demande en matières premières et en cuivre.
À plus long terme, les perspectives pour le cours du cuivre demeurent optimistes. La transition mondiale vers l’électrification, c’est-à-dire le remplacement des systèmes à combustibles fossiles par des alternatives électriques, devrait entraîner une envolée de la demande de cuivre. Les véhicules électriques en sont l’illustration la plus visible, mais le rôle du métal s’étend bien au-delà du secteur des transports.
Des réseaux d’énergies renouvelables à la construction et à la plomberie, le cuivre est un élément essentiel de l’infrastructure d’un monde plus propre et plus efficace. Alors que la demande devrait dépasser la croissance de l’offre dans les années à venir, les perspectives à long terme pour le cuivre restent prometteuses.
Dans ce contexte, la stratégie d’achat sur repli sur le cuivre demeure privilégiée.
Niveaux clés et idées de trading pour le cuivre
Ignorant le repli provoqué par les nouvelles de vendredi, les prix du cuivre ont connu une progression constante au cours des deux derniers mois, entamant octobre sur une note positive après la forte baisse de fin juillet. Ce déclin était survenu lorsque l’ancien président Trump avait, de manière inattendue, exclu les matières premières de cuivre, telles que le minerai et le cuivre raffiné, des nouveaux droits de douane.
D’un point de vue technique, la configuration du cuivre redevient constructive, les prix ayant rapidement récupéré l’essentiel de la forte baisse de vendredi. Une clôture quotidienne autour des niveaux actuels, voire légèrement supérieurs, pourrait catalyser une accélération de la tendance haussière. En effet, la tendance est haussière, la moyenne mobile exponentielle sur 21 jours étant récemment repassée au-dessus de la moyenne mobile simple sur 200 jours. Pour de nombreux traders, acheter dans les creux reste la stratégie privilégiée dans un tel environnement de marché.
Le support se situe désormais autour du niveau clé de 5 000 $, une zone psychologique et technique majeure qui avait temporairement cédé lors de la chute rapide de vendredi. Tant que les prix se maintiennent au-dessus de ce point, la voie de moindre résistance reste orientée à la hausse. En dessous, 4 850 $ représente le prochain support, suivi par la moyenne sur 200 jours à 4 743 $.
Les prochains niveaux clés à surveiller incluent 5 261 $, marquant le plus haut de la semaine dernière, où l’on s’attend à ce que de nombreux ordres stop soient placés. Si ce niveau est franchi, le cuivre pourrait poursuivre sa progression vers les prochaines résistances potentielles à 5 425 $ et 5 555 $, avec une possible remontée vers le prochain objectif de 6 000 $ si l’élan se maintient.