Dix personnes comparaissent ce lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Paris, accusées de cyberharcèlement sexiste envers Brigitte Macron. Elles sont soupçonnées d’avoir diffusé et relayé une fausse information transphobe concernant l’épouse du président français, une rumeur qui a largement circulé à l’échelle internationale.
- Dix prévenus (huit hommes, deux femmes) sont jugés pour cyberharcèlement sexiste et propos malveillants à l’encontre de Brigitte Macron.
- Les faits portent sur une fausse information affirmant que l’épouse du président serait une femme transgenre, phénomène amplifié par des réseaux complotistes et d’extrême droite.
- L’affaire fait suite à une plainte déposée par Brigitte Macron en août 2024, après des années de polémiques et de rumeurs, et intervient parallèlement à une procédure aux États-Unis.
L’épouse du président français a été la cible de nombreux propos haineux sur son « genre », sa « sexualité », et l’assimilation de la différence d’âge avec son époux à de la « pédophilie », selon le parquet de Paris. Ces attaques, nées dès l’élection d’Emmanuel Macron en 2017, ont pris une ampleur virale, particulièrement aux États-Unis. Le couple présidentiel a d’ailleurs engagé des poursuites en diffamation cet été contre la podcasteuse trumpiste Candace Owens, une figure de la sphère conservatrice américaine, connue pour ses positions extrémistes.
Plusieurs des prévenus jugés à Paris auraient amplifié des publications de cette influenceuse américaine. Candace Owens est notamment l’auteure d’une série de vidéos intitulée « Becoming Brigitte » (« Devenir Brigitte ») et a relayé, par exemple, une Une détournée du magazine Time présentant Brigitte Macron comme « homme de l’année ». L’un des prévenus aurait également fait état de « 2000 personnes » prêtes à « faire du porte-à-porte à Amiens » pour « voir clair dans l’affaire Brigitte », annonçant l’implication de blogueurs américains.
L’enquête, confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), a conduit à plusieurs vagues d’interpellations, notamment en décembre 2024 et février 2025, suite à la plainte de Brigitte Macron le 27 août 2024.
L’avocat de Brigitte Macron, Jean Ennochi, n’a pas souhaité commenter la procédure ni indiquer si la première dame serait présente à l’audience.
Parmi les prévenus figurent Aurélien Poirson-Atlan, 41 ans, publicitaire connu sous le pseudonyme de « Zoé Sagan », dont le compte X, aujourd’hui suspendu, a été à l’origine de plusieurs plaintes et est régulièrement associé aux milieux complotistes. Sera également jugée Delphine J., 51 ans, se présentant comme « médium », « journaliste » et « lanceuse d’alerte », connue sous le pseudonyme d’Amandine Roy. Elle est accusée d’avoir activement propagé la rumeur selon laquelle Brigitte Macron, née Trogneux, aurait dissimulé sa véritable identité, son frère Jean-Michel ayant prétendument pris sa place après une transition.
Maud Marian, avocate de Delphine J., a déclaré que sa cliente n’avait fait que « rebondir sur l’actualité » et qu' »aucun message n’a directement été adressé à Mme Macron ». Cette même prévenue avait été condamnée en première instance en septembre 2024 à verser plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts à Brigitte Macron et 5 000 euros à Jean-Michel Trogneux pour diffamation. Cependant, elle a été relaxée en appel le 10 juillet dernier. Brigitte Macron et son frère se sont pourvus en cassation contre cette décision.
Les prévenus, dont un élu, un galeriste et un enseignant, risquent jusqu’à deux ans d’emprisonnement. Ce procès met en lumière le phénomène de désinformation visant des personnalités politiques féminines, un cas similaire à celui de Michelle Obama, Kamala Harris ou encore Jacinda Ardern, qui ont également été victimes de fausses informations à caractère transphobe.