L’opération « Midway Blitz », lancée par l’administration fédérale pour expulser les étrangers en situation irrégulière ayant commis des crimes, est bloquée dans plusieurs États du Midwest, dont l’Illinois et le Minnesota. Les gouverneurs démocrates de ces régions, en refusant de coopérer avec les services de l’Immigration et des Douanes (ICE), semblent privilégier une politique de résistance aux lois fédérales, au risque de compromettre la sécurité publique.
En Illinois, le gouverneur JB Pritzker est en première ligne de cette opposition. Il a dénoncé les tactiques de l’ICE, qualifiant l’agence de « force paramilitaire » et appelant à son retrait des communautés locales : « Sortez l’ICE de nos rues, de nos communautés et de nos villes. » Cette rhétorique s’inscrit dans une volonté plus large d’abolir l’ICE et de favoriser l’immigration clandestine, selon les critiques.
L’opération « Midway Blitz », initialement prévue pour durer un mois, en est désormais à son 157e jour en Illinois. L’absence de coopération de l’État a contraint l’ICE à élargir ses recherches, ciblant désormais des personnes en situation irrégulière sans antécédents criminels, simplement parce qu’elles ne peuvent pas fournir d’identification valide. Selon la loi, l’ICE est alors tenue de les détenir, même si ce n’était pas la priorité initiale.
JB Pritzker a réaffirmé sa position après la victoire du président Trump en 2024 sur la question de la sécurité des frontières, déclarant : « Vous venez pour mon peuple, vous venez à travers moi. » Il semble, selon ses détracteurs, que ce « peuple » inclue des individus impliqués dans des crimes graves, tels que des meurtres, des viols et des agressions sexuelles.
L’opération « Midway Blitz » avait été lancée en hommage à Katie Abraham, une habitante de l’Illinois tuée par un conducteur en fuite en état d’ébriété, Julio Cucul-Bol, en situation irrégulière. L’intervention fédérale est devenue nécessaire en raison des politiques de « sanctuaire » mises en place par l’administration Pritzker, qui ont permis à des criminels en situation irrégulière de bénéficier d’abris et d’une aide à l’emploi financés par les contribuables.
En décembre dernier, le gouverneur a renforcé ces protections, libérant plus de 1 700 étrangers en situation irrégulière ayant commis des crimes. Le directeur de l’ICE, Todd Lyons, a alors adressé une lettre au procureur général de l’Illinois, Kwame Raoul, demandant l’aide de l’État pour détenir 4 000 étrangers en situation irrégulière, dont des meurtriers et des prédateurs sexuels. Cette demande est restée sans réponse.
Les critiques soulignent que l’opposition des démocrates du Midwest à l’application des lois sur l’immigration est motivée par des considérations politiques. L’importation de nouveaux résidents, même en situation irrégulière, augmenterait le nombre de sièges au Congrès et de votes présidentiels, renforçant ainsi leur pouvoir. Ils s’opposent également aux réformes visant à garantir l’intégrité électorale, comme la loi SAVE, qui exigerait la présentation d’une pièce d’identité pour voter.
Paradoxalement, l’Illinois connaît un exode de sa population, et même une immigration massive en situation irrégulière ne compense pas ce déclin démographique. L’Université Carnegie-Mellon prévoit que l’État perdra même deux sièges au Congrès, malgré la présence de plus de 500 000 étrangers en situation irrégulière.