Publié le 23 février 2026 07:26:00. De nouvelles allégations de harcèlement et d’abus de pouvoir émergent au sein de la Police Nationale espagnole, après la démission du directeur opérationnel adjoint (DAO) suite à une plainte pour agression sexuelle. Plusieurs policières ont contacté l’avocat de la plaignante, révélant un climat de crainte et d’impunité.
Au moins trois policières en activité ont pris contact avec le conseil de l’inspecteur qui a porté plainte contre José Ángel González, l’ancien directeur opérationnel adjoint (DAO) de la Police Nationale, pour agression sexuelle. Ces témoignages, révélés après l’admission en justice de la plainte à Madrid, dénoncent des situations présumées de harcèlement et d’abus de pouvoir exercés par des commandants de police.
Selon des informations obtenues par Le Monde, des messages échangés dans des groupes WhatsApp de commandants de police prédisent l’émergence de nouveaux témoignages. Dans l’une de ces conversations, un agent a écrit :
« Maintenant, toutes ces conneries vont commencer à être diffusées. »
Agent de police (non identifié)
Ces échanges témoignent d’une inquiétude palpable au sein des rangs de la police quant à la possibilité que d’autres cas similaires soient révélés.
Les policières qui ont pris la parole soulignent le manque de garanties offertes par les protocoles internes en matière de harcèlement, notamment lorsque les plaintes visent des supérieurs hiérarchiques. Elles craignent des représailles professionnelles, un isolement au sein de la structure policière, et, dans certains cas, une incapacité à continuer à exercer leurs fonctions, nécessitant un arrêt maladie pour raisons psychologiques. C’est pourquoi la première plainte a été déposée directement devant les tribunaux, et non via les canaux internes.
La plainte initiale, admise par le tribunal numéro 8 de la violence contre les femmes de Madrid, concerne une prétendue agression sexuelle survenue en avril 2025. Suite à la médiatisation de l’affaire, le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a immédiatement démis José Ángel González de ses fonctions. L’enquête judiciaire est toujours en cours afin de déterminer si les nouveaux témoignages peuvent donner lieu à des poursuites supplémentaires.
L’opacité entourant ces affaires est alimentée non seulement par les pressions et les mécanismes de coercition internes dénoncés par la victime, mais également par le manque de visibilité sociale accordé au problème spécifique des violences sexistes et des abus sexuels commis par des membres des forces de l’ordre. Le Ministère de l’Intérieur ne publie d’ailleurs pas de statistiques sur le nombre de cas d’abus sexuels et de violences sexistes impliquant des agents de la Police Nationale et de la Garde Civile, bien qu’il dispose certainement de ces données. Pour plus d’informations : Le gouvernement espagnol cache les données sur la violence machiste et les mauvais traitements envers les enfants dans les corps de police et militaires.