Publié le 2025-10-15. La société Musixmatch annonce des accords historiques avec les trois majors de l’édition musicale, ouvrant la voie à de nouveaux services analytiques basés sur l’intelligence artificielle tout en garantissant la rémunération des créateurs.
- Musixmatch conclut des licences d’IA avec Sony Music Publishing, Universal Music Publishing Group et Warner Chappell Music.
- Ces accords donnent accès à plus de 15 millions d’œuvres musicales pour le développement d’outils d’analyse et de services IA non génératifs.
- L’entreprise se positionne comme pionnière dans la création de revenus éthiques grâce à l’utilisation de catalogues sous licence pour l’IA.
La société spécialisée dans les paroles et les données musicales, Musixmatch, a officialisé des accords de licence inédits avec les divisions édition de Sony Music Publishing, Universal Music Publishing Group et Warner Chappell Music. Ces partenariats stratégiques, annoncés ce mercredi 15 octobre, confèrent à Musixmatch un accès sans précédent aux vastes catalogues de plus de 15 millions d’œuvres musicales.
L’objectif de Musixmatch est d’exploiter ces répertoires pour développer des outils analytiques innovants et des « services d’IA non génératifs ». Contrairement à d’autres applications de l’IA dans le secteur, Musixmatch insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas de créer de la musique de manière automatisée, mais plutôt d’offrir des analyses approfondies pour les professionnels de l’industrie.
« Ces accords font de Musixmatch la première entreprise à s’associer avec trois grands éditeurs de musique et à s’engager pleinement à créer de nouveaux services et sources de revenus formés de manière éthique en utilisant des catalogues autorisés », a souligné l’entreprise dans un communiqué. Selon des informations relayées par Billboard, ces contrats de licence sont conclus à titre d’essai et prévoient une rémunération pour les éditeurs en contrepartie de l’utilisation de leurs catalogues.
Les applications potentielles de ces technologies sont variées. Un grand modèle de langage (LLM) pourrait être développé pour analyser les paroles et les métadonnées des chansons, permettant par exemple aux studios de cinéma de rechercher des titres spécifiques en fonction de périodes ou de thèmes précis pour des synchronisations. L’outil pourrait également être utilisé pour des analyses de marché, comme étudier les raisons du déclin des chansons d’amour ou identifier les marques les plus citées dans les paroles de chansons au cours de l’année écoulée. Ces outils seraient destinés exclusivement aux professionnels du secteur musical.
« Ces accords garantiront que les auteurs-compositeurs d’aujourd’hui et de demain seront rémunérés pour leurs œuvres créatives, non seulement sur le marché d’aujourd’hui, mais également dans le monde dynamique, alimenté par l’IA, qui émerge rapidement. »
Massimo Ciociola, fondateur et PDG de Musixmatch
Massimo Ciociola, fondateur et PDG de Musixmatch, a affirmé dans un communiqué : « Nous sommes impatients de collaborer avec nos partenaires de confiance pour créer et partager ensemble de toutes nouvelles sources de revenus. Sans auteurs-compositeurs, il ne peut y avoir d’industrie musicale. Ces accords garantiront que les auteurs d’aujourd’hui et de demain seront rémunérés pour leurs œuvres créatives, non seulement sur le marché d’aujourd’hui, mais également dans le monde dynamique, alimenté par l’IA, qui émerge rapidement. » Il a également ajouté que ces partenariats permettront de « créer en toute confiance de nouveaux services qui rémunéreront correctement les auteurs-compositeurs tout en apportant de la valeur aux éditeurs de musique et à tous ceux qui reconnaissent le pouvoir d’une chanson pour faire évoluer la culture et donner un sens à notre monde. »
Ces accords interviennent dans un contexte où l’industrie musicale cherche à régulariser l’utilisation de ses œuvres par les développeurs d’IA. Des rapports récents indiquent que Universal Music Group et Warner Music Group seraient également sur le point de conclure des accords de licence similaires avec de grandes entreprises d’IA. Des sociétés telles que Stability AI, Suno AI, Share, Klay Vision et ElevenLabs, ainsi que des géants technologiques comme Google et Spotify, seraient impliquées dans ces discussions.
Parallèlement, la société suédoise de gestion des droits d’auteur STIM a récemment lancé ce qu’elle présente comme le premier système de licence d’IA au monde pour la musique. Toutefois, ces licences visent généralement l’utilisation de la musique pour l’entraînement des IA à des fins génératives, un domaine que Musixmatch a spécifiquement écarté pour ses propres développements.
Musixmatch, dont le siège est en Italie, se positionne comme le leader mondial dans le domaine des paroles et des données musicales, fort de partenariats avec 225 000 éditeurs et environ 3 millions d’auteurs-compositeurs.
Il est à noter que Musixmatch est actuellement engagé dans un litige juridique avec un concurrent, LyricFind, qui l’a poursuivi en justice pour violation présumée des lois antitrust. L’accusation porte sur un accord de licence exclusif de paroles entre Musixmatch et Warner Chappell Music. Un juge fédéral a récemment rejeté une grande partie de la demande de Musixmatch visant à faire abandonner la procédure.