Publié le 2025-10-10 14:52:00. La Catalogne lance une campagne de vaccination massive contre la dermatose nodulaire, une maladie virale affectant le bétail. Cette mesure intervient alors que trois foyers de contagion ont été confirmés dans la région, suscitant des inquiétudes pour la chaîne de distribution de viande.
- Début de la vaccination des bovins en Catalogne pour endiguer la propagation de la dermatose nodulaire.
- Près de 90 000 animaux, principalement des vaches laitières et de boucherie, sont concernés par cette campagne de protection.
- Le gouvernement régional mobilise des fonds d’urgence et met en place un plan de soutien technique et psychologique pour les éleveurs impactés.
La Generalitat de Catalogne a confirmé jeudi le lancement de la vaccination de son cheptel bovin dans le but d’endiguer la propagation de la dermatose nodulaire. Cette maladie, qui se manifeste par une fièvre et l’apparition de nodules sur la peau et les muqueuses des animaux, peut entraîner un épuisement sévère et, dans certains cas, la mort. La campagne, qui doit s’étendre à l’ensemble du territoire, attend l’arrivée d’un second lot de vaccins dans les prochaines 48 heures pour couvrir l’intégralité des besoins.
Rosa Altisent, directrice du Département de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche de la Generalitat, a précisé que l’objectif est de disposer des doses nécessaires pour vacciner quelque 90 000 animaux, comprenant les vaches laitières et celles destinées à la production de viande. Le premier lot de vaccins, expédié depuis la France, est arrivé avec un jour de retard suite à des « problèmes de logistique de transport ». Malgré ce contretemps, la vaccination a débuté jeudi midi, mobilisant l’ensemble des services vétérinaires pour mener à bien la campagne dans les plus brefs délais. Ce premier approvisionnement permettra de couvrir la zone de vaccination initiale, circonscrivant un périmètre de deux à cinq kilomètres autour des principaux foyers identifiés.
La directrice a par ailleurs réaffirmé le soutien de la Generalitat aux agriculteurs et a souligné le travail en parallèle d’un plan d’assistance technique. Ce dernier prévoit notamment des mesures d’indemnisation et un soutien psychologique pour les professionnels affectés par la crise sanitaire.
Trois zones distinctes sont actuellement touchées par l’épidémie, sans que de nouveaux foyers n’aient été détectés ces dernières heures. Face à cette situation, le gouvernement catalan a approuvé mardi l’allocation de 4 millions d’euros du fonds de prévoyance de l’exercice 2025 pour faire face à l’épidémie. Les premiers cas ont été identifiés dans la région de l’Alt Empordà (Gérone), avec un troisième foyer confirmé mercredi dans la ville voisine de Castelló d’Empuries. Suite au premier foyer, 123 têtes de bétail ont été abattues. Une zone de restriction de 50 kilomètres a été mise en place autour de ce foyer, englobant environ 700 exploitations agricoles.
Cette immobilisation du bétail dans les exploitations concernées pourrait avoir des répercussions sur la chaîne d’approvisionnement en viande et produits dérivés dans les prochains jours. Il est important de noter que, bien que très contagieuse entre animaux, la dermatose nodulaire n’est pas transmissible à l’homme et ne compromet pas la consommation de viande bovine, de lait ou de fromage.
Face à cette situation délicate, le syndicat des paysans catalans, Unió de Pagesos, a lancé un « sac de solidarité » d’animaux. L’initiative vise à pallier les vides sanitaires, faciliter le repeuplement des élevages après l’éradication de la maladie et permettre la reprise de la production. Cette réponse collective du secteur entend atténuer les conséquences économiques et productives de l’épidémie. Le syndicat mettra en place un registre pour mettre en relation les agriculteurs proposant du bétail avec ceux ayant besoin de reconstituer leurs troupeaux, soulignant l’importance de cette collaboration pour assurer la continuité de nombreuses exploitations familiales.
Parallèlement, en Cantabrie, le Département de l’Élevage a immobilisé treize fermes jusqu’au 20 octobre. Ces exploitations avaient participé à un concours à Gijón où elles ont partagé un espace avec des élevages catalans précédemment touchés par la maladie. La conseillère à l’Élevage, María Jesús Susinos, a tenu à rassurer en précisant qu’il ne s’agissait pas de créer une alarme, mais de prendre les mesures nécessaires et d’informer le secteur, soulignant la nécessité de mesures « urgentes et drastiques ». Les autorités cantabriques restent en contact étroit avec le ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Alimentation. Il a été strictement interdit aux agriculteurs et vétérinaires d’administrer des vaccins non autorisés ou de mener des campagnes privées. Le contrôle et les procédures relatives à ces maladies sont réglementés par l’Union Européenne, l’achat et l’application des vaccins nécessitant l’autorisation du ministère et de l’Agence européenne des médicaments.