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Début d’une mise à jour complète du projet mondial de points chauds de biodiversité – Actualités

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Publié le 2025-10-11 13:03:00. Une initiative scientifique d’envergure vient d’être lancée pour réactualiser la cartographie des « points chauds » de biodiversité, des zones cruciales abritant une richesse d’espèces uniques et menacées. Ce projet vise à optimiser les efforts de conservation et les financements en les orientant vers les régions où ils auront le plus d’impact.

  • Les « points chauds » de biodiversité, définis par leur endémisme exceptionnel et leurs menaces élevées, n’avaient pas été réévalués scientifiquement depuis 25 ans.
  • Le nouveau projet intègre des données récentes, notamment issues de la Liste rouge de l’UICN, et des outils d’évaluation comme STAR et EDGE.
  • Des financements considérables ont déjà été alloués à ces zones, soutenant des projets concrets sur le terrain.

La répartition de la biodiversité sur Terre est loin d’être uniforme, laissant certaines régions particulièrement vulnérables face aux pressions environnementales croissantes. Pour identifier ces zones prioritaires, le concept de « points chauds » de biodiversité a été développé, désignant des régions d’endémisme exceptionnel soumises à de fortes menaces. Cependant, les données sur lesquelles reposait cette classification n’avaient pas été mises à jour depuis un quart de siècle, une période durant laquelle de nombreux changements sont survenus.

C’est dans ce contexte qu’une réévaluation complète des points chauds de biodiversité et des pays dits « mégadivers » est entreprise. Ces hotspots biogéographiques se caractérisent par une concentration unique d’espèces végétales et animales, introuvables ailleurs, et sont directement menacés par des activités humaines telles que la destruction des habitats, la pollution et le dérèglement climatique. Actuellement, 36 points chauds terrestres sont recensés, couvrant environ 16,7 % de la surface émergée. Parmi les plus emblématiques figurent Wallacea, un archipel indonésien et timorais composé de plus de 1 680 îles, ainsi que la forêt atlantique qui s’étend sur la côte brésilienne et touche le Paraguay, l’Uruguay et l’Argentine.

Malgré leur faible emprise géographique, ces zones concentrent une part disproportionnée de la richesse faunistique et floristique mondiale. Pendant des années, la désignation de ces points chauds a servi de guide aux gouvernements, aux organisations de conservation, aux donateurs et à d’autres acteurs pour orienter leurs stratégies de protection des aires clés pour la biodiversité et la faune sauvage.

Ce projet de mise à jour scientifique s’appuie sur un demi-siècle de génération de données. Il intègre notamment l’évolution spectaculaire de la Liste rouge de l’UICN des espèces menacées™, qui est passée de 16 510 évaluations en 2000 à plus de 170 000 espèces aujourd’hui. De plus, le projet incorpore deux outils d’analyse novateurs : la mesure Species Threat Abatement and Restoration (STAR), qui évalue le potentiel d’un investissement à réduire le risque d’extinction d’une espèce, et EDGE, qui met l’accent sur les espèces évolutivement uniques et menacées.

La mobilisation des données sur la biodiversité et la conservation a déjà prouvé son efficacité. Elle a permis de détourner des activités néfastes des zones écologiquement sensibles grâce à des outils d’évaluation intégrés combinant les données de l’UICN, de la Base de données mondiale sur les aires protégées et des Zones clés pour la biodiversité. Parallèlement, elle a renforcé les capacités des institutions locales dans les hotspots pour inciter les décideurs à prioriser les actions de conservation.

« Ce projet passionnant unira l’approche pionnière des points chauds de biodiversité aux avancées scientifiques récentes, offrant à notre équipe internationale l’opportunité de produire une science innovante aux impacts concrets, en orientant les ressources financières vers la protection d’une biodiversité mondiale exceptionnelle, elle-même soumise à des menaces exceptionnelles. »

Dr Louise Mair, chercheuse NUAcT, Université de Newcastle, Royaume-Uni

Au cours des vingt-cinq dernières années, des fonds de conservation substantiels ont été dirigés vers ces régions fragiles. À lui seul, le Fonds de partenariat pour les écosystèmes critiques (CEPF) a mobilisé 325 millions de dollars pour des interventions menées par la société civile. Ces financements ont joué un rôle déterminant dans la désignation de plus de 24 millions d’hectares d’aires marines protégées dans le sud de Sulawesi en collaboration avec le gouvernement indonésien, le repeuplement des vers à soie sauvages dans les forêts de tapia à Madagascar pour améliorer les conditions de vie des communautés locales, et l’élaboration d’un plan de gestion partagé portant sur 20 000 hectares de forêt montagneuse dans les gorges de Chychkan au Kirghizistan.

Grâce à ces fonds, les bénéficiaires du CEPF ont renforcé la gestion de 57 millions d’hectares de zones clés pour la biodiversité, une surface supérieure à celle de la France. Ils ont également mené des projets qui ont profité à plus de 6 100 communautés et 1 300 espèces inscrites sur la Liste rouge de l’UICN, tout en contribuant à la création de plus de 17 millions d’hectares d’aires protégées.

« L’intégration de deux décennies d’avancées scientifiques EDGE dans notre évaluation des Hotspots garantira qu’ils reflètent la diversité exceptionnelle des lignées évolutives les plus uniques et les plus menacées de la Terre – façonnant une feuille de route de conservation pour sauvegarder la biodiversité à travers l’Arbre de Vie et les nombreux avantages qu’elle procure aux populations mondiales. »

Dr Rikki Gumbs, chercheur à l’Institut de zoologie du ZSL et coprésident du groupe de spécialistes de la diversité phylogénétique de la Commission de la survie des espèces de l’UICN

Ce projet collaboratif est piloté par l’UICN, en tant que partenaire de mise en œuvre, et soutenu financièrement par la Fondation Hempel. Il associe également Botanic Gardens Conservation International (BGCI), le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), l’Université de Newcastle (qui abrite le groupe de travail sur les objectifs mondiaux de la biodiversité de la Commission de la survie des espèces de l’UICN), Re:wild et la Zoological Society of London (ZSL).

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