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Décision de la Cour suprême des États-Unis sur les tarifs douaniers de Trump : quelle est la prochaine étape ?

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Publié le 25 février 2026 à 19h28. La Cour suprême des États-Unis a invalidé une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump, ouvrant la voie à des milliards de dollars de remboursements potentiels pour les entreprises, mais laissant planer une incertitude sur l’avenir de la politique commerciale américaine.

  • La Cour suprême a jugé que l’administration Trump avait outrepassé ses pouvoirs en utilisant l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) pour justifier ces tarifs.
  • Plus de 1 400 entreprises, dont FedEx, Costco, Goodyear et L’Oréal, ont déjà déposé des demandes de remboursement pour un montant total estimé à 175 milliards de dollars, voire plus.
  • L’issue de la procédure de remboursement et la possibilité pour l’administration Trump de recourir à d’autres mesures protectionnistes restent incertaines.

La décision, rendue le 20 février 2026, constitue un revers judiciaire majeur pour le second mandat de Donald Trump. La Cour suprême a estimé que l’IEEPA, une loi de 1977 initialement conçue pour faire face aux urgences nationales, ne permettait pas au président d’imposer unilatéralement des droits de douane d’une ampleur et d’une durée illimitées. Dans un arrêt divisé à 6 voix contre 3, la Cour a souligné l’absence de base légale pour une telle interprétation de la loi.

La décision ne concerne pas les droits de douane imposés sur l’acier et l’aluminium, qui reposent sur d’autres fondements juridiques et restent donc en vigueur. Cependant, elle ouvre la voie à des remboursements potentiels pour les droits de douane imposés dans le cadre de ce que certains ont surnommé les « Tarifs Jour de la Libération », lancés en avril 2025. Plus de 2 000 plaintes ont déjà été déposées auprès du Tribunal du commerce international (CIT), et ce nombre devrait augmenter considérablement dans les jours à venir.

La question des remboursements est complexe. Greg Husisian, avocat spécialisé en commerce chez Foley & Lardner, souligne que la Cour suprême n’a pas précisé la procédure à suivre. L’affaire a été renvoyée au CIT, qui devra déterminer s’il a le pouvoir d’ordonner un remboursement généralisé à tous les importateurs ayant payé les tarifs IEEPA, ou seulement à ceux qui ont déposé une demande de protection auprès du tribunal. L’éligibilité au remboursement est également liée au statut d’« importateur officiel », ce qui pourrait exclure certains distributeurs et partenaires de la chaîne d’approvisionnement qui ont également supporté le coût des droits de douane.

Les experts estiment que le processus de remboursement pourrait prendre de 12 à 18 mois, compte tenu du grand nombre de cas et de la complexité de la procédure. Prachi Agarwal, chercheuse chez ODI Global, suggère que l’administration pourrait opter pour un système de paiements échelonnés. Elle ajoute que les importateurs américains sont peu susceptibles de répercuter les remboursements sur leurs fournisseurs.

Du point de vue du financement du commerce, Michael Stitt, responsable du commerce et de l’origination des ventes de fonds de roulement à la banque américaine, estime qu’il est encore trop tôt pour évaluer l’impact de la décision sur les flux de trésorerie des entreprises et leurs besoins de crédit. Il n’a pas constaté de pression significative sur la capacité de crédit ou les prix. Cependant, il souligne que l’incertitude persiste quant à la capacité de l’administration Trump à définir une politique tarifaire unilatérale.

L’administration Trump a déjà annoncé qu’elle envisagerait d’autres outils pour soutenir sa politique commerciale, notamment l’article 122 du Trade Act de 1974, qui permet d’imposer des tarifs en cas de « problèmes importants et graves de déficits de la balance des paiements des États-Unis ». Cependant, cette approche est également susceptible d’être contestée en justice. Par ailleurs, le gouvernement s’efforcera de préserver les accords commerciaux conclus avec des pays comme le Royaume-Uni et le Japon.

À terme, cette décision pourrait ébranler la confiance des partenaires commerciaux dans la stabilité de la politique commerciale américaine. John Ferguson, responsable de l’initiative Future of Trade du groupe de recherche britannique Economist Impact, souligne que les entreprises doivent continuer à se concentrer sur une stratégie de diversification pour faire face à l’incertitude persistante.

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