Publié le 14 octobre 2025. L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a officiellement classé le Bécassine de Mer à bec fin (Smalnebbspoven) comme éteint. Cette décision sonne l’alarme pour d’autres espèces migratrices confrontées à des menaces similaires.
- Le Bécassine de Mer à bec fin, un oiseau migrateur autrefois commun en Europe, Afrique du Nord et Asie occidentale, est désormais déclaré mondialement éteint.
- La dernière observation remonte au 25 février 1995 au Maroc.
- La chasse, la destruction des zones humides et la perte d’habitats sont les principales causes de cette extinction.
L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a officialisé la disparition du Bécassine de Mer à bec fin. Il s’agit de la première fois qu’une espèce d’oiseau migrateur, autrefois présente sur plusieurs continents, est officiellement déclarée éteinte à l’échelle mondiale. La dernière observation confirmée de cet oiseau remarquable remonte au 25 février 1995, dans la lagune de Merja Zerga, au Maroc. Cette nouvelle, relayée par BirdLife Norvège, une organisation de conservation de la nature, confirme les craintes des scientifiques après des décennies de recherches infructueuses.
L’extinction du Bécassine de Mer à bec fin est attribuée à une combinaison de facteurs, notamment la chasse intensive, la destruction des zones humides essentielles à sa survie et la dégradation de ses habitats le long de ses routes migratoires. L’espèce avait été inscrite sur la liste des espèces nécessitant une protection spéciale dès 1979, mais les mesures prises dans les années 1990, alors qu’il ne restait qu’une cinquantaine d’individus selon les estimations, sont arrivées trop tard.
« Cela montre à quelle vitesse les choses peuvent se précipiter lorsque la protection n’intervient pas à temps. Nous devons maintenant agir rapidement pour sauver d’autres espèces menacées, comme le Lomvi. »
Amy Fraenkel, présidente de la Convention sur la protection des espèces migratrices (Convention de Bonn)
Cet événement tragique sert de mise en garde pour d’autres espèces d’oiseaux migrateurs qui sont actuellement en danger. Plusieurs échassiers, tels que le gravelot, le chevalier arlequin, le vanneau huppé, le bécasseau sandre et le pluvier argenté, sont également préoccupants. En Norvège, des espèces comme le pluvier doré et le bécasseau variable sont déjà classées comme « quasi menacées » sur la liste rouge.
Le Lomvi, un cas préoccupant
La situation du Lomvi, un oiseau marin, est particulièrement alarmante et fait écho à la disparition du Bécassine de Mer à bec fin. Selon des informations récentes, les populations de Lomvis en Norvège ont chuté de près de 90% depuis les années 1960. Cette espèce est désormais classée en danger critique d’extinction sur le continent et « quasi menacée » au Svalbard.
Les causes principales de ce déclin spectaculaire incluent la raréfaction des poissons dont il se nourrit, le changement climatique et la pollution pétrolière. Benjamin Merkel, scientifique spécialisé dans les oiseaux marins à l’Institut polaire norvégien, a alerté sur les conséquences de l’intensification de l’activité pétrolière dans les zones de vie du Lomvi. Durant leur mue, ces oiseaux perdent leur capacité à voler et deviennent extrêmement vulnérables aux marées noires et aux pénuries alimentaires.
Malgré cette triste nouvelle, l’espoir subsiste pour d’autres espèces. Des exemples de retournement de situation existent, comme celui du milan royal, qui a été retiré de la catégorie « Quasi menacé » à « Donnée insuffisante » sur la Liste rouge de l’UICN en 2020, grâce à des mesures de protection ciblées et à la lutte contre l’empoisonnement et le braconnage.
Les organisations de protection de la nature espèrent que la disparition du Bécassine de Mer à bec fin servira de signal d’alarme pour intensifier les efforts de conservation. La coopération internationale, comme le renforcement prévu en 2026 entre Bonn et le Brésil pour la protection des oiseaux migrateurs, sera cruciale.
« Le Bécassine de Mer à bec fin n’est plus là, mais nous pouvons encore sauver le prochain. »
Jacques Trouvilliez, Accord Afrique-Eurasie sur les oiseaux aquatiques (AEWA)