Publié le 12 février 2026. Des scientifiques ont confirmé l’existence d’une première grotte volcanique sur Vénus, une découverte majeure basée sur la réanalyse de données datant des années 1990. Cette trouvaille ouvre de nouvelles perspectives sur l’activité géologique de la planète et pourrait éclairer son évolution passée et présente.
- Une équipe de chercheurs italiens a identifié un tube de lave d’environ un kilomètre de diamètre sous la surface de Vénus.
- La découverte a été rendue possible grâce à l’analyse d’images radar collectées par la sonde Magellan de la NASA entre 1990 et 1992.
- Cette structure souterraine pourrait s’étendre sur jusqu’à 45 kilomètres, selon les premières estimations.
L’exploration de Vénus, longtemps entravée par son atmosphère dense et opaque, franchit une nouvelle étape. Des chercheurs de l’Université de Trente (Italie), avec le soutien financier de l’Agence spatiale italienne (ASI), ont annoncé ce lundi 9 février la confirmation de la première grotte volcanique détectée sur la planète. Cette découverte, publiée dans la revue Communications Naturales, marque un tournant dans notre compréhension de la géologie vénusienne.
L’étude s’est concentrée sur la région volcanique du mont Nyx, où des images radar avaient révélé un effondrement localisé en surface. En utilisant des techniques d’imagerie avancées, l’équipe a pu reconstituer la géométrie d’un conduit souterrain formé par des coulées de lave solidifiées, un phénomène bien connu sur Terre, la Lune et Mars, mais jusqu’à présent seulement supposé sur Vénus.
/cloudfront/2021/02/09/Venus_01_AP_1612848444.jpg)
Selon Lorenzo Bruzzone, coordinateur de la recherche et directeur du Laboratoire de télédétection de l’Université de Trente, cette identification est cruciale car elle valide des théories longtemps restées hypothétiques.
« L’identification d’une cavité volcanique revêt une importance particulière car permet de valider des théories qui pendant de nombreuses années n’étaient que des hypothèses. »
Lorenzo Bruzzone, coordinateur de recherche et directeur du Laboratoire de télédétection de l’Université de Trente
Les données révèlent un tube de lave d’environ un kilomètre de diamètre, avec un toit d’au moins 150 mètres d’épaisseur et un vide interne d’au moins 375 mètres de profondeur. Ces dimensions en font l’une des plus grandes structures souterraines identifiées dans le système solaire, surpassant la plupart des tubes de lave terrestres et se rapprochant des estimations maximales pour les formations lunaires.
/cloudfront/2021/02/09/Venus_02_AP_1612848444.jpg)
Les conditions physiques spécifiques à Vénus, notamment sa gravité plus faible que celle de la Terre et son atmosphère extrêmement dense, favorisent la formation rapide d’une croûte solide sur la lave. Cela permet à la matière en fusion de s’écouler en dessous, créant ainsi des conduits plus larges et plus stables. La présence de ces structures renforce l’idée que Vénus a connu, et connaît peut-être encore, une activité volcanique intense et prolongée.
Bien que les données actuelles ne confirment que la partie proche de l’ouverture visible, la morphologie du terrain et l’existence d’autres dépressions similaires suggèrent que le système souterrain pourrait s’étendre sur une distance allant jusqu’à 45 kilomètres. La confirmation de cette extension nécessitera de nouvelles observations, notamment grâce aux missions Envision de l’Agence spatiale européenne (ESA) et Veritas de la NASA, toutes deux équipées de radars capables de sonder le sous-sol vénusien avec une précision accrue.
Cette découverte ne se limite pas à une meilleure compréhension de l’évolution géologique de Vénus. Elle ouvre également de nouvelles perspectives pour l’étude de l’une des planètes les plus énigmatiques de notre système solaire.
« Ce résultat ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de la planète. »
Lorenzo Bruzzone, coordinateur de recherche et directeur du Laboratoire de télédétection de l’Université de Trente
Sous un ciel perpétuellement couvert de nuages, Vénus commence enfin à dévoiler les secrets de ses profondeurs.