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La stimulation cognitive précoce préserve la mémoire dans la maladie d’Alzheimer

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Publié le 12 février 2026 13:46:00. Une stimulation cognitive précoce et régulière pourrait aider à préserver la mémoire et la connectivité cérébrale chez les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, même à des stades avancés, selon une étude de l’Université de Barcelone. Les hommes semblent bénéficier davantage de ces interventions que les femmes.

  • Une stimulation cognitive à long terme, débutant avant l’apparition des premiers symptômes, améliore la résilience cérébrale dans un modèle animal de la maladie d’Alzheimer.
  • Les hommes présentent une meilleure réponse à la stimulation cognitive que les femmes, en raison de différences moléculaires préexistantes.
  • L’étude met en évidence l’importance de la plasticité synaptique et de la modulation de la neuroinflammation dans la protection du cerveau.

La maladie d’Alzheimer, principale cause de démence dans le monde, se caractérise par une détérioration progressive et irréversible des fonctions cognitives. Face au manque de traitements curatifs efficaces, les stratégies visant à retarder l’apparition de la maladie ou à ralentir sa progression sont de plus en plus considérées comme essentielles pour réduire son impact sur les patients et la société. La « réserve cognitive », c’est-à-dire la capacité du cerveau à maintenir ses fonctions malgré les lésions pathologiques, est un facteur de protection particulièrement étudié.

Des chercheurs de l’Institut des Neurosciences de l’Université de Barcelone (UBneuro) ont exploré l’impact d’une stimulation cognitive à long terme sur la résilience cérébrale. Leur étude, publiée dans la revue iScience, a été menée sur un modèle animal de la maladie d’Alzheimer. Les animaux ont été soumis à un entraînement cognitif répété tout au long de leur vie, et leur fonction cérébrale a été évaluée à l’aide d’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle longitudinale au repos, de tests de mémoire comportementale, ainsi que d’analyses moléculaires et cellulaires approfondies.

Les résultats ont révélé que les animaux ayant bénéficié d’une stimulation cognitive ont mieux préservé leur mémoire – en particulier les mâles – et la connectivité fonctionnelle entre les régions cérébrales clés impliquées dans la mémoire, notamment le cortex entorhinal et l’hippocampe, zones particulièrement vulnérables dans la maladie d’Alzheimer.

« Les animaux entraînés cognitivement ont préservé la mémoire et la connectivité fonctionnelle entre les régions cérébrales clés, en particulier le cortex entorhinal et l’hippocampe. »

Professeur Guadalupe Soria, Faculté de médecine et des sciences de la santé et UBneuro

L’étude a également montré que la préservation de la connectivité cérébrale était associée à de meilleures performances en matière de mémoire à un âge avancé. « Cela renforce l’idée selon laquelle l’engagement cognitif dès les premiers stades de la vie peut avoir des effets protecteurs durables sur la fonction cérébrale », souligne le professeur Soria.

Une différence notable a été observée entre les sexes. Les femelles présentaient des niveaux de base plus élevés de protéines liées à la fonction synaptique et à la plasticité, suggérant une plus grande résilience moléculaire intrinsèque. En revanche, les rats mâles ont bénéficié de manière plus significative de l’entraînement cognitif, avec une connectivité cérébrale soutenue, des performances de mémoire améliorées et une restauration des marqueurs de plasticité synaptique. Ces résultats confirment les observations croissantes issues de la recherche préclinique et clinique, qui indiquent que la maladie d’Alzheimer progresse différemment chez les hommes et les femmes, soulignant la nécessité d’adapter les stratégies préventives et thérapeutiques.

Au-delà des résultats comportementaux, l’étude a permis d’identifier des mécanismes précis par lesquels la stimulation cognitive exerce ses effets protecteurs. Les animaux entraînés ont présenté une récupération des marqueurs de plasticité synaptique, une modulation des circuits neuronaux inhibiteurs et une normalisation transitoire de la réponse microgliale autour des plaques amyloïdes. Ces observations suggèrent un profil neuroinflammatoire moins réactif avec l’âge, ce qui pourrait retarder la cascade d’événements pathologiques.

En combinant l’imagerie cérébrale, les études comportementales et la biologie moléculaire, « ces travaux établissent un lien direct entre l’organisation préservée du réseau cérébral et les mécanismes cellulaires de résilience, et renforcent ainsi l’intérêt de la stimulation cognitive comme stratégie non pharmacologique pour favoriser la santé cérébrale », conclut Guadalupe Soria.

Source:

Référence du journal :

Casanova-Pagola, J., et al. (2026). Early-life cognitive intervention preserves brain function in aged TgF344-AD rats with sex-specific effects. iScience. https://www.cell.com/iscience/fulltext/S2589-0042(25)02642-2

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