Publié le 17 février 2026 22:27:00. Au-delà de l’engouement mondial pour la K-pop et les séries comme « Squid Game », une immersion plus profonde révèle une Corée du Sud façonnée par des valeurs familiales fortes, une efficacité pragmatique et une culture de l’effort constant, vécue au quotidien par des générations.
- La culture coréenne, bien avant sa popularité actuelle, a profondément influencé la vie de l’auteure à travers des séjours prolongés et des liens familiaux étroits.
- L’importance de la famille élargie dans l’éducation des enfants et le soutien mutuel est un pilier central de la société sud-coréenne.
- La vie quotidienne en Corée du Sud est marquée par une efficacité omniprésente, que ce soit dans les transports en commun ou dans le système éducatif, et une pression constante à la performance.
En descendant de l’avion à destination de Séoul en 2018, l’auteure a immédiatement ressenti la différence : une humidité lourde et une atmosphère particulière qui annonçaient l’été asiatique. L’aéroport international d’Incheon, avec ses panneaux familiers, ses publicités pour les produits de beauté et ses supérettes lumineuses, lui a confirmé qu’elle était bien arrivée. Ce voyage, loin d’être une simple escapade touristique, marquait le retour d’une expatriée dans un pays qui avait déjà tissé des liens profonds avec son identité.
Aujourd’hui, la Corée du Sud est sur toutes les lèvres grâce à la musique K-pop et aux séries télévisées à succès comme « Squid Game ». Pour beaucoup, ces phénomènes culturels constituent leur première découverte du pays. Pourtant, cette popularité récente n’est qu’une facette d’une culture bien plus complexe et enracinée. L’auteure témoigne d’une expérience personnelle qui remonte à bien avant cette vague mondiale, une expérience façonnée par des routines familiales et des années de visites qui lui ont permis de découvrir une Corée que la plupart des gens ne voient jamais, une Corée ancrée dans des comportements et des valeurs quotidiennes, loin des projecteurs.
L’immersion de l’auteure dans la culture coréenne a commencé très tôt. À l’âge de six semaines, alors que ses parents jonglaient entre travail et études aux États-Unis, elle a passé une année entière à vivre avec ses grands-parents maternels en Corée du Sud. Dans ce pays, l’éducation d’un enfant n’est pas uniquement la responsabilité des parents, mais aussi celle des grands-parents et de la famille élargie, en particulier dans les foyers où les longues heures de travail sont la norme. Même bébé, l’auteure a été enveloppée par ce réseau familial. Ses grands-parents paternels et ses tantes parcouraient des kilomètres chaque mois pour lui rendre visite, et elle a fini par appeler son grand-père « maman », témoignant de l’importance de l’implication familiale et de la responsabilité partagée dans l’éducation des enfants.
De retour en Corée en 2016, à l’âge de sept ans, l’auteure a commencé à percevoir les subtilités du pays. Elle a découvert les dépanneurs coréens, ces petites épiceries regorgeant de Pepero, de Buldak (nouilles épicées) et de gimbap (rouleaux d’algues), mais ce qui l’a le plus frappée, c’était l’intention derrière cette offre : une nourriture simple, abordable et nourrissante, conçue pour les Coréens actifs qui avaient besoin d’un encas rapide pendant les journées d’école ou après de longues heures de travail.
Cette même efficacité fonctionnelle s’est manifestée dans le métro de Séoul. À chaque arrêt, des foules d’étudiants, de familles et de travailleurs entraient et sortaient, se précipitant vers leur destination. Pourtant, malgré cette affluence, l’expérience était radicalement différente de celle des transports en commun aux États-Unis. Les portes de sécurité, les horaires précis et les stations impeccables formaient un système bien rodé, conçu pour une efficacité maximale. Ce contraste a marqué l’auteure et a renforcé sa perception du dynamisme constant qui caractérise la Corée du Sud.
Les voyages réguliers en Corée, une ou deux fois par an, ont permis à l’auteure de mieux comprendre les nuances de la culture. En 2018, après avoir terminé sa troisième année d’études, elle a passé plus d’un mois chez ses grands-parents, vivant comme une étudiante coréenne. L’après-midi, elle fréquentait les hagwons – les académies parascolaires coréennes – où elle pratiquait le taekwondo et prenait des cours de musique, entourée de camarades coréens parlant à toute vitesse. Mais même après le coucher du soleil, les enfants de son âge, toujours en uniforme scolaire, se rendaient dans d’autres hagwons pour étudier les mathématiques, l’anglais et les sciences jusqu’à 22 heures.
L’auteure a alors pris conscience que le « temps libre » pour les enfants coréens n’était pas vraiment libre. Contrairement aux États-Unis, où les après-midi et les week-ends sont consacrés aux sports, aux loisirs et aux sorties entre amis, être étudiant en Corée du Sud ressemblait à un travail à temps plein. Dès qu’ils savaient tenir un crayon, les parents inscrivaient leurs enfants dans des académies rigoureuses, cultivant une culture de pression extrême et d’attentes élevées. Comme la Corée du Sud conçoit ses systèmes de transport et ses infrastructures urbaines dans un souci d’efficacité, elle façonne également la vie de sa jeunesse.
En mars 2022, après une interruption de plusieurs années due à la pandémie de COVID-19, l’auteure est retournée en Corée, mais cette fois, le voyage était empreint de tristesse. Elle a assisté aux funérailles de son grand-père. La cérémonie, qui s’est déroulée sur trois jours dans un hôpital, était très différente des funérailles occidentales. Contrairement aux services américains, qui sont brefs et sobres, les funérailles de son grand-père étaient un événement communautaire plus long, avec un accent important sur les rassemblements sociaux. Dans la pièce réservée à la famille, un autel présentait son cercueil, surmonté de chrysanthèmes et de lys, ainsi qu’un assortiment de fruits et de friandises, tous destinés à exprimer le chagrin et le respect.
Pendant ces trois jours, des amis et des parents éloignés sont venus rendre hommage au grand-père de l’auteure, restant des heures à la salle funéraire. En voyant la famille de son père soutenue par la communauté, l’auteure a pu constater à quel point les Coréens prennent soin de leurs proches et à quel point ils sont attentionnés dans tous les aspects de la vie, pas seulement dans leurs études ou leur travail.
Aujourd’hui, l’auteure réalise que les petits moments accumulés au fil des ans – les courses de collations provoquées par le décalage horaire à 4 heures du matin, les mariages et les réunions de famille – lui ont montré que la culture coréenne ne se résume pas à la musique K-pop ou au kimchi. Elle vit dans les rues animées et les hagwons, dans les relations intergénérationnelles et dans les traditions comme les funérailles de son grand-père. La Corée du Sud est bien plus qu’une simple nation moderne dotée de nouvelles tendances et d’attractions touristiques. C’est un pays qui valorise la famille, le respect et l’intention, un endroit en mouvement constant que l’auteure sera toujours fière d’appeler sa deuxième maison.
FÊTE DE FAMILLE – Je (en haut à droite) suis assis dans un restaurant coréen avec mon frère et mes grands-parents maternels à une table remplie de banchan (plats d’accompagnement). Photo gracieuseté : Doyeon Kim
