Publié le 23 février 2026 09:06:00. Les Jeux olympiques de Milan-Cortine d’hiver 2026 se sont déroulés sur un territoire exceptionnellement vaste, suscitant des critiques quant à la perte du sentiment d’unité traditionnellement associé aux Jeux.
L’édition 2026 des Jeux olympiques d’hiver, qui s’est achevée récemment, a été marquée par une organisation décentralisée sans précédent. Contrairement aux éditions précédentes concentrées sur une seule ville hôte, ces Jeux se sont étendus sur 22 000 kilomètres carrés (soit 48 fois la superficie d’Oslo), englobant plusieurs sites dans le nord de l’Italie.
Cette dispersion géographique a conduit certains athlètes à remettre en question l’esprit olympique. La biathlète norvégienne Marthe Kråkstad Johansen a exprimé son point de vue à la télévision TV 2 :
« On ne ressent pas vraiment le véritable sentiment olympique. »
Marthe Kråkstad Johansen, biathlète
Johansen a souligné le contraste avec ses expériences passées, notamment aux Jeux olympiques de la jeunesse de Lillehammer, où les athlètes étaient regroupés dans un village olympique. Elle a comparé la situation actuelle à celle des compétitions de Coupe du Monde, où les athlètes sont souvent dispersés entre différents lieux.
Les biathlètes, par exemple, étaient isolés à Anterselva, tandis que les autres athlètes étaient répartis entre Milan, Cortina d’Ampezzo, Bormio et Val di Fiemme. La Finlandaise Suvi Minkkinen, qui a déjà participé à des Jeux, a exprimé sa sympathie envers les athlètes participant pour la première fois :
« J’ai vécu deux expériences olympiques avant celle-ci, donc je suis désolée pour ceux qui ont vécu leur première ici. »
Suvi Minkkinen, biathlète finlandaise
Karoline Knotten, une autre athlète, a estimé que l’événement ressemblait davantage à une compétition de ski qu’à un véritable rassemblement olympique :
« J’ai surtout eu l’impression qu’il s’agissait d’une course de ski, pas tellement d’extra. »
Karoline Knotten, athlète
Johannes Høsflot Klæbo, considéré comme le roi olympique, a reconnu les défis logistiques posés par la dispersion des sites. Il a déclaré lors d’une conférence de presse :
« C’est un défi pour nous de regarder d’autres sports. En même temps, nous n’avons pas non plus le temps pour cela. »
Johannes Høsflot Klæbo, fondeur
Klæbo a également exprimé sa compassion pour le public, qui devait parcourir de longues distances pour assister aux différentes épreuves. Il a toutefois souligné que peu de villes disposent des infrastructures nécessaires pour accueillir tous les sports d’hiver.
Le Comité international olympique (CIO) avait pour objectif, en organisant ces Jeux de manière décentralisée, de réduire les coûts en utilisant des sites existants. Klæbo a conclu en exprimant un sentiment mitigé :
« D’une certaine manière, j’aimerais que nous soyons dans un village olympique, mais en même temps, je ne le souhaite pas non plus. »
Johannes Høsflot Klæbo, fondeur
Les Jeux olympiques de 2030, qui se dérouleront dans les Alpes françaises, devraient également être caractérisés par une grande dispersion géographique. Les différentes disciplines seront réparties entre plusieurs villes :
- Nice : curling et hockey sur glace
- La Clusaz : ski de fond
- Le Grand Bornand : biathlon
- Val-d’Isère : ski alpin
- Turin (Italie) ou Heerenveen (Pays-Bas) : patinage sur glace
Edgar Grospiron, directeur des Jeux olympiques de 2030, a déclaré à Reuters que les contraintes financières et de temps rendaient l’organisation complexe, mais qu’il était confiant dans la capacité de la France à relever le défi.
Les Jeux olympiques de 2034 reviendront à un format plus traditionnel, avec Salt Lake City (États-Unis) comme ville hôte, comme en 2002.