Publié le 23 février 2026 09:14:00. Une vaste étude suédoise révèle un lien significatif entre le trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH) et un risque accru de criminalité, un risque qui s’étend également aux membres de la famille des personnes diagnostiquées.
- Le TDAH est associé à un risque multiplié par plusieurs fois d’être reconnu coupable de crimes violents et d’autres infractions.
- Le risque de criminalité est également plus élevé chez les proches des personnes atteintes de TDAH, même en l’absence de diagnostic personnel.
- Les chercheurs ont identifié une forte composante génétique contribuant à cette corrélation, mais soulignent qu’il s’agit de risques relatifs.
Une nouvelle étude menée par l’Université d’Örebro, et basée sur les données de 1,5 million de Suédois nés entre 1987 et 2002, met en lumière une association troublante entre le TDAH et la criminalité. Les résultats, publiés dans la revue Biological Psychiatry, indiquent que les personnes diagnostiquées avec un TDAH présentent une probabilité significativement plus élevée d’être impliquées dans des activités criminelles.
Selon Sophie Oskarsson, maître de conférences en criminologie à l’Université d’Örebro,
« La probabilité d’être reconnu coupable de crimes violents et d’autres types de crimes est plusieurs fois plus élevée si vous souffrez de TDAH. »
Sophie Oskarsson, maître de conférences en criminologie à l’université d’Örebro
L’étude a analysé des données de registres suédois, identifiant les individus ayant reçu un diagnostic de TDAH ou ayant reçu des médicaments prescrits pour ce trouble. Ces données ont ensuite été comparées aux informations relatives aux condamnations pénales, en distinguant les crimes violents des crimes non violents.
Les chercheurs ont également exploré la dimension familiale de cette association. En comparant les jumeaux, les frères et sœurs, les demi-frères et les cousins, ils ont cherché à déterminer comment le risque de criminalité varie en fonction du degré de parenté. Les résultats confirment que le risque est plus élevé chez les proches des personnes atteintes de TDAH, bien qu’il diminue à mesure que le lien de parenté s’éloigne.
Sofi Oskarsson explique que cette observation suggère une combinaison de facteurs génétiques et environnementaux.
« Mais il est également vrai que si vous êtes apparenté à une personne diagnostiquée, vous courez également un risque accru. »
Sofi Oskarsson, maître de conférences en criminologie à l’université d’Örebro
Le TDAH est connu pour avoir une forte composante génétique, mais il est important de souligner qu’il s’agit de risques relatifs et non de déterminants.
Cette recherche souligne la nécessité d’une meilleure compréhension des liens entre les troubles neurodéveloppementaux et le comportement criminel, et pourrait avoir des implications importantes pour les politiques de prévention et de prise en charge.
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