Malgré les turbulences actuelles dans le secteur aérien américain, liées notamment à la fermeture partielle du gouvernement fédéral, Delta Air Lines affiche une résilience remarquable. La compagnie aérienne, la plus grande des États-Unis en termes de capitalisation boursière, voit ses investissements dans le segment premium porter leurs fruits, la plaçant largement au-dessus des difficultés actuelles.
Les résultats financiers annoncés pour le troisième trimestre 2025 (juillet-septembre) témoignent de cette bonne santé. Le chiffre d’affaires a atteint 15,2 milliards de dollars, en hausse de 4,1 % sur un an, tandis que le bénéfice net a progressé de 11 % pour s’établir à 1,42 milliard de dollars. Cette performance, supérieure aux attentes, a propulsé le cours de l’action Delta de plus de 4 % le 9 octobre. La forte demande pour les voyages haut de gamme a été un moteur clé, avec une augmentation des ventes de cette division de 9 % (5,8 milliards de dollars), compensant même une légère baisse de 4 % (6 milliards de dollars) des revenus des cabines principales.
Une évolution significative pourrait même se profiler : pour la première fois, les revenus générés par les sièges premium pourraient dépasser ceux des sièges économiques dès l’année prochaine, alors que Delta tablait initialement sur cette échéance pour 2027. « Nous anticipons de nombreuses opportunités accrues dans le secteur premium au cours des prochaines années », a indiqué Glen Hauenstein, président de la compagnie, lors d’une présentation aux analystes.
Ces opportunités se concentrent notamment sur des marchés clés tels que Los Angeles, Boston, New York et Seattle, où la compagnie observe une « quantité considérable de clients premium », selon le PDG Ed Bastian. Pour répondre à cette demande croissante, Delta multiplie les initiatives. La compagnie équipe près de 1 000 appareils d’une connexion Wi-Fi gratuite et renforce ses partenariats stratégiques avec des acteurs majeurs comme American Express, Uber et YouTube. Elle explore même de nouveaux horizons dans le domaine du commerce de détail, à l’instar de son récent projet de salon commun avec Spanx.
Cette sérénité actuelle tranche avec les inquiétudes de mars dernier. Delta avait alors revu à la baisse ses prévisions de bénéfices, évoquant un « évanouissement printanier » face aux incertitudes économiques liées aux tarifs douaniers imposés par l’administration Trump. Depuis, la compagnie s’est refaite et affiche des perspectives solides pour le quatrième trimestre 2025, prévoyant une croissance totale de ses revenus entre 2 et 4 %.
Parallèlement, le secteur aérien américain fait face à des perturbations liées à la fermeture partielle du gouvernement fédéral, débutée en octobre. Des retards de vols sont signalés à travers le pays en raison d’un manque de personnel au sein des installations de la Federal Aviation Administration (FAA). Le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, a également mentionné une « légère augmentation des appels pour maladie » parmi les contrôleurs aériens, confrontés au travail sans salaire, comme d’autres employés essentiels.
Delta, bien qu’ayant déjà connu les conséquences d’arrêts similaires, semble moins affectée cette fois. Lors de la fermeture de 35 jours en 2018, la compagnie perdait environ 1 million de dollars de revenus chaque jour, rappelle Glen Hauenstein. Actuellement, l’impact est moindre, notamment parce que Delta dépend moins de l’aéroport national Ronald Reagan de Washington, l’un des hubs les plus touchés par les perturbations actuelles de personnel.
« Bien que nous suivions de près les impacts potentiels de la fermeture gouvernementale américaine, nous n’avons constaté aucun effet matériel à ce jour », a précisé Glen Hauenstein.