Home Divertissement Dermatose nodulaire : « Forcément, on est déçus mais c’est une sage décision » : paroles d’éleveurs aveyronnais absents du Salon de l’agriculture

Dermatose nodulaire : « Forcément, on est déçus mais c’est une sage décision » : paroles d’éleveurs aveyronnais absents du Salon de l’agriculture

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Publié le 20 février 2026 à 17h26. Le 62e Salon International de l’Agriculture ouvrira ses portes le 21 février à Paris dans un contexte inédit : l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) impose l’absence de bovins, une première qui inquiète et désole les éleveurs aveyronnais, fidèles de l’événement.

  • L’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) a conduit à l’annulation de la participation des éleveurs bovins au Salon de l’Agriculture.
  • Cette absence est ressentie comme une perte importante par les éleveurs aveyronnais, qui voient dans ce salon une vitrine pour leur savoir-faire et leurs races.
  • Malgré la déception, la prudence sanitaire est jugée prioritaire, avec l’espoir d’un retour à la normale en 2027.

Chaque année, fin février, le Salon de l’Agriculture à Paris est un rendez-vous incontournable pour de nombreux éleveurs aveyronnais. Porte de Versailles, ils deviennent les ambassadeurs de leur terroir, le Rouergue, et de son expertise agricole. Cette année, cependant, l’événement prend une tournure particulière, voire amère, pour les éleveurs bovins. En raison de la propagation de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), une maladie virale affectant les bovins, les organismes de sélection des races ont pris la décision de renoncer à leur participation.

« C’est une mesure de prudence par rapport à la DNC mais aussi par rapport aux demandes du Salon sur un renforcement du carnet sanitaire concernant la maladie des muqueuses et la fièvre aphteuse », expliquent de concert Romain Fabié et Pierre Salelles, éleveurs de simmental et respectivement président et vice-président du syndicat départemental de la race.

Depuis une dizaine d’années, les éleveurs aveyronnais participaient activement aux concours parisiens, mettant en valeur leurs vaches laitières d’origine suisse, parfaitement adaptées aux pâturages de l’Aveyron. Jean-Pierre Besson, installé en Gaec à Sainte-Geneviève-sur-Argence avec sa famille, est un habitué du hall 1. Il participe depuis 25 ans aux concours de la race aubrac, fort de son troupeau de 140 mères. Le Salon est une affaire de famille, témoignant de son histoire à travers des photos, des cloches et des prix exposés fièrement.

Jean-Pierre Besson et son fils Jean-Baptiste aux côtés de Typhon, taureau de 1 100 kg né sur l’exploitation à Sainte-Geneviève-sur-Argence, qui aurait dû participer aux concours du Salon cette année.
Alexis Roux

Cette année, la famille Besson restera sur le plateau. Leur taureau de quatre ans, Typhon, pesant 1 100 kg, avait même été sélectionné pour participer aux concours… avant l’annulation. « On est forcément déçus, car on a toujours envie d’y aller. Mais c’est sûrement une sage décision car il y a un risque au niveau sanitaire », estime Jean-Pierre Besson.

Bien que la DNC ne soit plus au centre de l’actualité ces dernières semaines, l’inquiétude reste vive au sein de la profession. « Peut-être que demain, c’est nous qui serons touchés. Alors, on ne va pas aller à Paris faire la fête quand certains souffrent ! » poursuit l’éleveur.

Le sujet est d’autant plus sensible pour les éleveurs dont les troupeaux sont sélectionnés pour les concours, où la génétique des animaux doit être irréprochable. « C’est le travail de plusieurs générations, c’est extrêmement long à construire. Si l’on devait abattre mon troupeau, je serais incapable de le recréer », confie Pierre Calmelly, installé à Bozouls, avec une vue imprenable sur le canyon.

Romain Fabié (à droite) et le syndicat départemental de la race simmental qu’il représente, ne participeront pas au Salon de l’agriculture cette année, pour la première fois depuis une dizaine d’années.
Romain Fabié (à droite) et le syndicat départemental de la race simmental qu’il représente, ne participeront pas au Salon de l’agriculture cette année, pour la première fois depuis une dizaine d’années.
Archives MR

Proche de la retraite, cet éleveur spécialisé dans l’élevage de limousines se montre quelque peu désabusé par la situation de l’agriculture. « Je suis inquiet pour la suite. Le Salon, c’est l’occasion de faire la promotion du consommer local mais aujourd’hui, on a perdu notre souveraineté alimentaire et on continue de nous mettre des bâtons dans les roues. Avec le Mercosur, les contraintes sanitaires, l’administratif… On vit en permanence avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête », livre-t-il.

Malgré la déception, les éleveurs restent attachés à cet événement. « Sur le moment, il n’y a pas de manque à gagner à ne pas aller au Salon. Mais sur le long terme, c’est une belle reconnaissance et une consécration de notre travail », explique Pierre Calmelly. Jean-Pierre Besson abonde dans le même sens : « C’est un rendez-vous très important pour l’agriculture. Aujourd’hui, c’est très important de sortir, se faire connaître et faire la promotion du territoire. »

L’espoir est de pouvoir revenir au Salon en 2027. « On a bien l’intention d’y retourner l’an prochain », confirment Jean-Pierre et Linda Besson. « Surtout, cela voudra dire que la maladie n’est plus là ! »

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