Publié le 2025-10-15 14:35:00. Près de trois semaines après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu, le gouvernement de Gaza dénonce l’insuffisance criante de l’aide humanitaire entrante. Seuls 173 camions ont réussi à franchir les frontières, une quantité jugée dérisoire face aux besoins immenses de la population.
- Seulement 173 camions d’aide humanitaire sont entrés dans la bande de Gaza depuis le 10 octobre.
- L’aide reçue est qualifiée d’insuffisante et ne couvre pas les besoins minimums de la population.
- Les priorités du gouvernement incluent le rétablissement de la sécurité, la fourniture de biens essentiels et la reconstruction des infrastructures.
Ismail es-Sevabite, directeur du bureau de presse du gouvernement de Gaza, a dressé un bilan alarmant de la situation humanitaire dans la bande de Gaza depuis l’instauration du cessez-le-feu le 10 octobre à midi. Selon ses déclarations, 173 camions d’aide ont jusqu’à présent réussi à pénétrer dans la région. Parmi ceux-ci, seuls trois transportaient du gaz de cuisine et six du carburant diesel. Le reste de ces convois acheminait une quantité limitée de nourriture, de produits de première nécessité et de fournitures médicales.
« L’aide qui arrive à Gaza ne répond même pas aux besoins au niveau minimum », a souligné M. es-Sevabite. Il a qualifié cette quantité d’« juste un petit point dans l’océan des besoins », compte tenu des « conséquences dévastatrices du génocide israélien qui dure depuis 2 ans ». Les responsables gouvernementaux ont procédé à une évaluation minutieuse du processus d’entrée, de la nature et des modalités de distribution de cette aide. Le directeur du bureau de presse a également pointé du doigt les obstacles persistants imposés par Israël au franchissement des frontières, ainsi que les difficultés d’acheminement de l’aide vers les zones du nord et du sud en raison de la destruction des infrastructures et des routes.
Priorités gouvernementales : sécurité et reconstruction
Face à cette crise, le gouvernement de Gaza a défini des priorités claires. « Assurer la sécurité, fournir de la nourriture, des soins et un abri, et réactiver les services publics » figurent en tête de liste. M. es-Sevabite a insisté sur la nécessité de « maîtriser la sécurité pour la stabilité, prévenir le chaos, établir la sécurité et l’État de droit ». Il a également mis l’accent sur l’urgence de fournir « de la nourriture, de l’eau et des produits de première nécessité à chaque famille palestinienne, des médicaments et des traitements, et de réparer le système de santé effondré, épuisé par le génocide ».
L’exécutif s’efforce également de trouver des solutions d’hébergement pour les quelque 288 000 familles ayant perdu leur domicile. La relance des services publics essentiels – eau, électricité, assainissement, nettoyage – ainsi que la reprise progressive des activités éducatives dans un climat de sécurité sont également des objectifs majeurs. Parallèlement, des efforts sont déployés pour reconstruire les structures, les installations et les infrastructures détruites par les bombardements israéliens.
Rétablissement de l’ordre et recherche des disparus
Sur le plan sécuritaire, une amélioration « concrète et constante » a été constatée grâce aux mesures prises par les unités de sécurité pour contrôler la situation et éviter tout débordement. Le rétablissement de l’ordre public, la garantie de la sécurité des citoyens et des biens sont considérés comme une mission prioritaire. Des opérations de sécurité sont menées pour reprendre le contrôle dans des zones où des « violations limitées » ont été signalées, et les actes illégaux sont traités dans le respect des procédures légales. L’État de droit sera appliqué avec « détermination et justice », a assuré M. es-Sevabite, ajoutant que les forces de sécurité agissaient avec un sens aigu des responsabilités.
Concernant les opérations de recherche et de sauvetage, près de 9 500 Palestiniens, dont une majorité de femmes et d’enfants, sont toujours portés disparus suite aux destructions massives causées par les attaques des deux dernières années. Les équipes de secours font face à d’importants obstacles, tels que le manque d’équipement, la pénurie de carburant et le risque d’effondrement des zones sinistrées.
Gouvernance future de Gaza en discussion
Quant aux modalités de la gouvernance future de la bande de Gaza, elles font encore l’objet de négociations et de discussions entre les parties concernées. Aucune décision finale n’a encore été arrêtée. Le gouvernement palestinien suit ces négociations de près, dans l’espoir d’une clarification prochaine. « Tout arrangement administratif ou politique à prendre à Gaza doit être basé sur les intérêts nationaux élevés de la Palestine », a affirmé M. es-Sevabite. Ces arrangements, a-t-il précisé, doivent respecter « la volonté du peuple et son droit de gouverner, et être éloignés de toute tutelle ou diktat extérieur ».