Home Économie Des centaines de travailleurs de l’ABP de Waterford sont menacés d’expulsion alors que des licenciements se profilent – News

Des centaines de travailleurs de l’ABP de Waterford sont menacés d’expulsion alors que des licenciements se profilent – News

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Publié le 13 février 2024 à 18h00. Plus de 230 travailleurs de l’usine de transformation de viande ABP à Ferrybank, dans le comté de Waterford, sont confrontés à une menace d’expulsion imminente suite à l’annonce de consultations pouvant mener à la fermeture du département de désossage. La majorité de ces employés, originaires de plusieurs pays, sont arrivés en Irlande grâce à des permis de travail liés à leur emploi chez ABP.

  • ABP a entamé une procédure de consultation de 30 jours concernant la possible fermeture de son département de désossage à Waterford, mettant en péril 230 emplois.
  • La plupart des employés concernés sont des travailleurs migrants, notamment brésiliens, polonais et timorais, arrivés en Irlande avec un permis de travail spécifique à ABP.
  • En cas de licenciement, ces travailleurs pourraient être contraints de quitter l’Irlande dans un délai d’un mois s’ils ne trouvent pas un nouvel emploi.

L’annonce a plongé les employés dans l’incertitude, beaucoup craignant de perdre non seulement leur emploi, mais aussi leur droit de séjour en Irlande. Dans une lettre adressée aux salariés, ABP invoque un environnement économique en constante évolution, des pressions sur la chaîne d’approvisionnement et une concurrence accrue comme raisons de cette possible restructuration. L’entreprise précise que les opérations se poursuivent normalement pendant la période de consultation.

Les travailleurs ont été invités à désigner des représentants pour participer aux réunions de consultation, qui débuteront rapidement. ABP encourage ces représentants à proposer des alternatives et à discuter des options possibles pour éviter la fermeture du département de désossage. L’entreprise souhaite une représentation diversifiée, tenant compte des différentes nationalités, genres et services.

Luke, un employé brésilien qui a souhaité conserver l’anonymat par crainte de représailles, témoigne de la précarité de sa situation. Son anglais limité rend difficile la recherche d’un autre emploi. Il travaille chez ABP depuis quatre ans avec un permis de travail « Stamp 1 » qui lui permet de résider en Irlande tant qu’il est employé. Il espérait obtenir un passeport irlandais dans un an, mais cette perspective est désormais compromise. Il explique que son salaire horaire est actuellement de 14 € et que ses heures de travail ont été progressivement réduites, passant de 40 à 30-32 heures, puis à seulement 15 heures par semaine.

Selon Ploy Norgate, spécialiste de l’immigration chez Abbey Blue Legal, les travailleurs devraient en priorité demander un formulaire de notification de licenciement, qui leur donnerait un délai de grâce de six mois pour trouver un nouvel emploi. Cependant, elle tempère en soulignant que ce délai pourrait être difficile à obtenir, compte tenu des difficultés rencontrées par les travailleurs migrants pour trouver un emploi en raison de la barrière linguistique et de la situation actuelle du marché du travail.

Plusieurs travailleurs envisagent d’écrire une lettre au ministre de la Justice, Jim O’Callaghan, pour plaider leur cause, mais Mme Norgate estime que cette démarche est peu susceptible de changer la situation.

Cette annonce s’inscrit dans un contexte plus large de difficultés rencontrées par l’industrie de la transformation de la viande en Irlande. Récemment, une usine de conditionnement d’ABP à Linden, en Irlande du Nord, a fermé ses portes, entraînant la perte de 338 emplois. Kepak, un autre acteur majeur du secteur, a également annoncé une révision de ses opérations à Clonee, avec jusqu’à 100 emplois menacés. Ces réductions sont attribuées à la diminution du cheptel bovin en Irlande.

Pour Luke et ses collègues, le rêve d’une vie meilleure en Irlande, promis par ABP, semble s’éloigner. Aucun indemnité de licenciement n’est prévue dans son contrat, et sa femme, également résidant en Irlande, est actuellement sans emploi. Il craint que les éventuels postes proposés par ABP dans d’autres sites ne soient attribués en priorité aux travailleurs sans famille à charge.

Pour plus d’informations sur la situation de l’industrie de la viande en Irlande, vous pouvez consulter Farmers Journal.

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