Publié le 2025-10-30 15:11:00. Face à une croissance du nombre de chauffeurs VTC et de livreurs pour des plateformes comme Uber, un nouveau bureau voit le jour à Londres, Ontario, pour offrir un soutien humain et personnalisé aux travailleurs indépendants de l’économie des petits boulots. L’initiative vise à combler le manque de contact direct et d’accompagnement pratique souvent ressenti par ces professionnels.
- Un bureau baptisé Uber Business Hub a ouvert ses portes au centre-ville de Londres, offrant conseils et assistance gratuite aux chauffeurs de VTC et de livraison.
- L’initiative répond à un besoin de formation personnalisée et de résolution de problèmes concrets, au-delà de l’assistance virtuelle des plateformes.
- Avec plus de 7 500 chauffeurs enregistrés à Londres, l’économie des petits boulots représente une source de revenus essentielle, notamment pour les nouveaux arrivants.
Le nouveau centre, situé au 344 Richmond Street, est dirigé par Momen Aghber. Ancien chauffeur Uber et propriétaire d’une flotte de 20 véhicules, il entend offrir aux conducteurs un lieu d’échange et de formation. « Les chauffeurs considèrent Uber comme une entreprise sans visage, où l’assistance se résume souvent à appeler une hotline, parfois répondue par une IA », explique Momen Aghber. Son bureau propose un accompagnement pour l’enregistrement, des explications sur l’application et des conseils en matière de service client.
« Il ne s’agit pas seulement de savoir conduire, mais d’établir une relation avec le client, de résoudre les problèmes et de comprendre leurs besoins », souligne Basen Al Sabe, chauffeur Uber depuis cinq mois. Il déplore les situations où les passagers laissent des dégâts dans le véhicule, demandent des arrêts imprévus ou fournissent de mauvaises adresses, des cas pour lesquels une formation plus poussée serait la bienvenue. Un autre problème récurrent à Londres est l’oubli de téléphones par les passagers, obligeant les chauffeurs à choisir entre faire demi-tour et risquer une mauvaise évaluation.
Selon des données municipales d’avril, plus de 7 500 chauffeurs Uber et Lyft sont enregistrés à Londres, soit environ un chauffeur pour 60 habitants. Dans ce contexte, le besoin de soutien s’avère grandissant.
Contactée par CBC News, Uber a déclaré ne pas être affiliée à l’Uber Business Hub de Londres. La compagnie rappelle qu’elle offre une assistance intégrée à son application, disponible 24h/24 et 7j/7, pour résoudre les problèmes de compte, de trajet ou de tarification. Uber mentionne également un accord avec les TUAC Canada (Syndicat canadien des employés du commerce, de l’industrie et des services) pour représenter les chauffeurs confrontés à des litiges ou des désactivations de compte, sans frais.
Malgré ces dispositifs, Momen Aghber estime que la formation proposée par les plateformes est insuffisante pour s’adapter aux réalités du terrain. « Beaucoup voient cela comme une activité secondaire facile, sans réaliser ce que cela implique réellement pour gérer cette entreprise », précise-t-il. Il a déjà accueilli sa propre flotte pour régler des problèmes administratifs et espère attirer davantage de chauffeurs locaux.
Pour Momen Aghber, comme pour de nombreux chauffeurs VTC à Londres, cette activité est souvent une porte d’entrée dans le marché du travail après une arrivée récente dans la ville. Lui-même a quitté Dubaï il y a quatre ans, rencontrant des difficultés à trouver un emploi. Basen Al Sabe, un ancien avocat des Émirats arabes unis, a connu une situation similaire en cherchant à faire reconnaître ses qualifications au Canada.
« Nous avons vu de nombreux chauffeurs se retrouver dans des situations délicates, incapables de les gérer, et perdre leur compte Uber, donc leur source de revenus », témoigne M. Aghber. Au-delà de l’aspect professionnel, il souhaite également créer un sentiment de communauté au sein d’un métier souvent solitaire. « Notre objectif est de développer cette communauté, d’éduquer et de former les chauffeurs pour qu’ils puissent faire évoluer leur activité », conclut-il.