Des milliers de personnes ont convergé ce dimanche vers le Malieveld à La Haye pour réclamer une action plus déterminée face à la crise climatique. Malgré un recul relatif de la question dans les sondages, les militants entendent faire pression sur les responsables politiques à l’approche des élections.
- Une manifestation d’ampleur s’est déroulée à La Haye pour alerter sur l’urgence climatique.
- Les organisateurs souhaitent que la crise environnementale soit une priorité politique.
- Des témoignages font état d’une anxiété grandissante chez les jeunes face à l’inaction.
« J’aime les hommes avec une faible empreinte CO2 », « Rendre la terre à nouveau belle » ou encore « N’est-elle pas ta mère ? » Ces slogans inscrits sur des pancartes résumaient l’inquiétude des milliers de participants rassemblés sur le Malieveld ce dimanche. L’objectif : attirer l’attention sur la gravité du changement climatique.
Alors que le cortège s’élançait à travers le centre-ville de La Haye, une foule continue d’affluer depuis la gare centrale, témoignant de l’importance du rassemblement. Cette mobilisation survient alors que des enquêtes d’opinion récentes indiquent un léger recul de la priorité accordée au climat par les électeurs, sans pour autant nier son statut de sujet majeur.
« C’est un signal fort, juste avant les élections », a souligné la Climate Crisis Alliance, l’une des organisations à l’origine de l’événement. « Nous voulons faire savoir aux responsables politiques que la crise climatique doit figurer en tête de leur agenda. » Composée notamment d’Oxfam Novib, Milieudefensie, Grandparents for the Climate et du Young Climate Movement, la coalition a animé la journée par des discours et des performances artistiques avant le départ du cortège.
« Le problème climatique est un défi de longue haleine »
L’ambiance était à la fois déterminée et festive sur le Malieveld. Pendant que les premiers groupes de manifestants, pancartes en main, convergeaient depuis la gare, un orchestre répétait une mélodie mélancolique. Des policiers à cheval assuraient la sécurité du cortège, qui s’est déroulé dans le calme. La chanson « Bigger than I » de Froukje, sur le thème du climat, résonnait dans les haut-parleurs.
« J’apprécie encore plus chaque tasse de café, car je sais que je ne pourrai pas toujours la boire aussi facilement. »
Lucie, 20 ans
Malgré un vent glacial par moments, le soleil a fait quelques apparitions, réchauffant quelque peu les dizaines de milliers de personnes présentes. Une tendance marquante était la forte participation des personnes plus âgées.
« Ils disaient à la tribune ‘main dans la main’, mais mes amis disaient plutôt ‘de plus en plus vieux’ », s’est amusée Margriet, 62 ans. Pour elle, sa présence était une évidence : « On malmène tellement les ressources naturelles, surtout dans le monde occidental. Notre niveau de prospérité est si élevé. Les gens ont beaucoup de mal à prendre du recul pour faire des choix durables. »
Margriet a souligné que la nature intrinsèquement à long terme du problème climatique rendait difficile le maintien de l’attention publique : « Agir maintenant n’entraînera pas de nouveaux logements demain, ni d’emploi demain, ni de revenus supplémentaires demain. »
« Je ne vois pas d’avenir »
Lucie, 20 ans, exprime une anxiété profonde face à l’évolution du climat : « Je ne vois plus d’avenir quand je pense à demain. J’apprécie encore plus chaque tasse de café, car je sais que je ne pourrai pas toujours la boire aussi facilement. » Elle affirme que ce sentiment d’impuissance n’est pas isolé chez les jeunes, comme le montrent des témoignages récents venus des États-Unis.
Selon Lucie, le climat n’a pas occupé une place suffisante dans la campagne électorale : « La conversation est dominée par d’autres sujets. Le caractère insaisissable du changement climatique rend les choses encore plus compliquées. »
Sa participation à la marche visait à faire entendre sa voix, bien qu’elle se montre sceptique quant à son impact immédiat : « Je suis là pour grossir les rangs, mais je ne pense pas que cela change grand-chose. Je suis surtout venue pour rencontrer des personnes qui partagent les mêmes idées et y puiser de l’espoir. Et je veux pouvoir me dire, dans trente ans, que j’étais du bon côté de l’histoire. »
« Une énergie positive »
Ce sentiment d’espoir, même contenu, est partagé par de nombreux participants. L’idée que quelque chose sera fait face au changement climatique n’a pas disparu, même si le sujet est moins présent dans le débat public. « L’énergie positive qui émane de toutes ces personnes qui se rassemblent et attirent l’attention sur ce sujet me fait personnellement beaucoup de bien », confie Carlijn, 26 ans, qui participait pour la première fois à une telle manifestation.
Margriet ajoute : « Je retrouve chez les jeunes d’aujourd’hui la mentalité contestataire de ma génération, c’est agréable à voir. »
Bien que le climat ne soit pas le thème central de la campagne, plusieurs partis politiques et leurs leaders étaient présents pour marquer leur soutien. Les drapeaux de Volt, GL-PvdA, Bij1, D66, du SP et du Parti pour les Animaux flottaient parmi la foule. Les formations situées plus à droite du D66 étaient toutefois absentes, y compris le parti du VVD et son ministre du Climat, Hermans.