Au moins 162 personnes ont été tuées dans des attaques coordonnées menées par des groupes armés contre deux villages de l’État de Kwara, dans l’ouest du Nigeria, a révélé un parlementaire mercredi. Ces violences, parmi les plus meurtrières observées dans le pays ces derniers mois, s’ajoutent à une crise sécuritaire déjà préoccupante.
Les villages de Woro et Nuku ont été pris pour cible mardi soir, a indiqué à l’Associated Press Mohammed Omar Bio, député représentant la région. Selon lui, les assaillants sont les Lakurawa, un groupe armé affilié à l’organisation terroriste État islamique. À ce stade, aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité de ces attaques.
Les images diffusées par les chaînes de télévision locales montrent des scènes macabres : des corps gisant au sol, souvent ensanglantés et parfois liés, ainsi que des habitations réduites en cendres. L’accès aux communautés touchées s’avère difficile, celles-ci étant situées dans une zone isolée, à environ huit heures de la capitale de l’État et à proximité de la frontière avec le Bénin, a précisé Emmanuel Babaomo, secrétaire d’État de la Croix-Rouge dans l’État de Kwara. L’organisation n’a pu atteindre les victimes en raison de cette accessibilité limitée.
Le gouverneur de l’État de Kwara, AbdulRahman AbdulRazaq, a qualifié l’attaque de « lâche expression de la frustration » émanant de « cellules terroristes » en représailles aux opérations militaires en cours contre les groupes armés dans la région.
Le Nigeria est confronté à une situation sécuritaire complexe, marquée par l’insurrection des militants islamistes dans le nord-est et une recrudescence des enlèvements contre rançon dans le nord-ouest et le centre-nord du pays ces derniers mois. Par ailleurs, au moins 13 personnes ont été tuées mardi dans le village de Doma, dans l’État de Katsina (nord-ouest), a déclaré le porte-parole de la police, Abubakar Sadiq Aliyu. Là encore, aucune revendication n’a été enregistrée.
Selon des experts, l’attaque dans l’État de Kwara pourrait être l’œuvre du Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’awati wal-Jihad (JAS), une faction de Boko Haram responsable d’autres massacres récents dans la région, a déclaré James Barnett, chercheur à l’Hudson Institute, basé à Washington.
Les États-Unis ont renforcé leur soutien au Nigeria face à cette crise sécuritaire. Le chef du Commandement américain pour l’Afrique a annoncé mardi l’envoi d’une petite équipe d’officiers militaires, après que les forces américaines ont lancé en décembre des frappes aériennes contre des militants affiliés à l’EI au Nigeria. Le pays le plus peuplé d’Afrique est également au centre de l’attention diplomatique américaine suite aux menaces proférées par l’ancien président Donald Trump d’attaquer le pays, invoquant un manque de protection des citoyens chrétiens.