Publié le 21 février 2026 à 03h42. La flambée des prix de l’énergie et des produits de première nécessité pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages néo-zélandais, qui réduisent désormais leurs dépenses de loisirs et de consommation courante, selon une analyse récente de Kiwibank.
- Les dépenses des ménages en services publics ont augmenté de 36 % en décembre et janvier par rapport à l’année précédente.
- Les transactions par carte bancaire ont diminué de 2,7 % en janvier, après une légère hausse en décembre (+0,4 %).
- Le secteur de la mode est particulièrement touché par ce ralentissement de la consommation.
La pression financière exercée sur les ménages néo-zélandais est de plus en plus forte. Les factures d’énergie, notamment, ont grimpé en flèche, obligeant les foyers à arbitrer entre les dépenses essentielles et les loisirs. Selon les économistes de Kiwibank, plus d’un tiers des revenus des ménages est désormais consacré aux services publics, laissant peu de marge de manœuvre pour d’autres achats.
L’impact de cette situation se traduit clairement dans les chiffres de la consommation. Si le mois de décembre a connu une légère augmentation des transactions, notamment grâce aux achats de fin d’année, le mois de janvier a marqué un tournant. Le nombre de transactions a chuté de 2,7 % par rapport à la moyenne mensuelle de 2025 et de 2,3 % par rapport à janvier de l’année précédente.
Sabrina Delgado, économiste chez Kiwibank, explique que cette baisse est principalement due à l’augmentation générale des prix.
« L’inflation s’est accélérée au cours de l’année écoulée et de nombreux ménages ressentent encore des difficultés après plusieurs années de budgets serrés, de prix à la consommation élevés et de crédits onéreux. Il n’est donc pas surprenant que nous constations toujours moins de courses et plus de dépenses par voyage. »
Sabrina Delgado, économiste chez Kiwibank
Même si les taux d’intérêt sont désormais plus bas qu’il y a un an, le coût élevé des produits de première nécessité continue de peser sur les budgets. Les dépenses en services publics ont bondi de 36 % en décembre et janvier, réduisant considérablement le revenu disponible des ménages.
Certains secteurs sont plus touchés que d’autres. Le secteur de la mode enregistre une baisse persistante des dépenses, tandis que les sorties au restaurant semblent moins affectées, même si le coût de chaque repas a augmenté. Les dépenses dans les cafés, en revanche, ont diminué, les consommateurs privilégiant les boissons préparées à la maison pour économiser de l’argent.
En parallèle, la demande de biens liés au logement reste soutenue. Les visites dans les quincailleries ont augmenté de 6 % en décembre, et les dépenses ont progressé de plus de 30 %. Cette tendance pourrait indiquer une reprise du marché immobilier, les ménages se préparant à investir dans leurs logements.
L’incertitude concernant le marché du travail reste un facteur d’inquiétude pour les ménages. Le taux de chômage, actuellement à 5,4 %, continue d’influencer la confiance des consommateurs et les incite à la prudence en matière de dépenses.
« S’ils voient que ce chiffre augmente, la précarité de l’emploi pèse sur leur confiance et les incite à faire un peu plus de folies en ce moment. »
Sabrina Delgado, économiste chez Kiwibank
Malgré ces difficultés, les économistes de Kiwibank restent optimistes quant à une reprise de la consommation dans les mois à venir, à mesure que l’économie se redresse et que le marché du travail s’améliore. Ils ne prévoient pas de nouvelle hausse des taux d’intérêt avant 2027.