Publié le 26 février 2026. La tenue des élections législatives et présidentielles dans le département de l’Atlantique, en Colombie, est menacée par la présence et les agissements de groupes criminels, suscitant de vives inquiétudes quant au bon déroulement du scrutin.
- Le Bureau du médiateur et la Mission d’observation électorale (MOE) signalent un risque électoral élevé dans 60 % des communes de l’Atlantique.
- Des groupes tels que « Los Costeños », « Los Pepes » et le « Clan du Golfe » pourraient chercher à monétiser leur contrôle territorial en période électorale.
- Un expert met en garde contre le risque de « clientélisme armé », où des votes seraient échangés contre des avantages pour les candidats.
Les élections législatives et présidentielles à venir en Colombie sont placées sous haute surveillance dans le département de l’Atlantique, en raison de l’influence grandissante des groupes criminels. Le Bureau du médiateur et la Mission d’observation électorale (MOE) ont exprimé leur préoccupation face à la violence et aux intimidations potentielles qui pourraient perturber le processus démocratique.
Selon la MOE, près des deux tiers des communes de l’Atlantique, soit 60 % (des données précises sur le nombre de communes concernées n’ont pas été fournies), sont considérées comme étant en danger électoral. Jessyka Manotas, chef de projet à la MOE, a souligné que
« La confluence de différents groupes armés illégaux et groupes criminels, ainsi que l’augmentation du phénomène d’extorsion, peuvent avoir un impact significatif sur le processus électoral. »
Jessyka Manotas, chef de projet à la Mission d’observation électorale
Plusieurs groupes criminels opèrent dans la région, notamment « Los Costeños », « Los Pepes » et le « Clan du Golfe ». Le professeur et chercheur de l’Universidad del Norte, Luis Fernando Trejos, a identifié plusieurs scénarios possibles quant à leurs motivations. Il suggère que ces groupes pourraient chercher à tirer profit de la période électorale en monétisant leur contrôle territorial.
Selon Trejos,
« Ils ont peut-être vu un moyen de monétiser temporairement le contrôle d’un territoire en permettant à celui qui paie de faire du prosélytisme dans certains quartiers. »
Luis Fernando Trejos, professeur et chercheur à l’Universidad del Norte
Il évoque également la possibilité d’un marché de votes ouvert, où les groupes achèteraient et vendraient des suffrages.
Un scénario encore plus préoccupant est celui d’un « clientélisme armé », où les groupes négocieraient le vote d’un territoire en échange d’avantages accordés par les candidats. Trejos explique que
« Cela peut aller de l’impunité à une sorte de porte-parole au niveau national pour représenter les intérêts que les groupes ont sur le territoire et un cas particulier pourrait être qu’ils soient très intéressés à appliquer une loi de soumission qui profite à leur transition vers des scénarios post-violences. »
Luis Fernando Trejos, professeur et chercheur à l’Universidad del Norte
L’enseignant a précisé que ce phénomène est particulièrement visible dans certaines localités de Barranquilla et dans les quartiers de Soledad, bien qu’il puisse également se produire ailleurs, où la violence est peut-être mieux contenue.
Ces préoccupations soulignent la nécessité d’une surveillance accrue et de mesures de sécurité renforcées pour garantir des élections libres et équitables dans le département de l’Atlantique. Rejoignez notre chaîne WhatsApp pour suivre l’actualité de cette situation.
