L’organisation humanitaire Médecins sans frontières (MSF) a suspendu une partie de ses activités à l’hôpital Nasser de Khan Younis, à Gaza, en raison de menaces à la sécurité de son personnel et des patients. La présence d’hommes armés, dont certains masqués, au sein de l’établissement a contraint MSF à réduire son assistance, alors que la situation humanitaire dans la bande de Gaza continue de se détériorer.
Selon MSF, les incidents signalés incluent la présence d’individus armés, des intimidations et des arrestations arbitraires de patients. L’organisation a également évoqué des soupçons de mouvements d’armes à l’intérieur de l’hôpital. « Les hôpitaux doivent rester des espaces neutres et civils, libres de toute présence ou activité militaire pour garantir la fourniture sûre et impartiale des soins médicaux », a déclaré MSF sur son site internet.
La suspension partielle des activités signifie que MSF continuera à assurer les services d’hospitalisation et de chirurgie, mais réduira son soutien aux services de pédiatrie et de maternité, y compris l’unité de soins intensifs néonatals. Les consultations ambulatoires et d’autres services seront également limités.
MSF n’a pas identifié l’affiliation des hommes armés, mais a souligné que cette situation intervient dans un contexte d’attaques répétées contre les infrastructures de santé à Gaza. L’organisation rappelle qu’Israël a détruit de nombreuses installations médicales et détient actuellement 95 médecins et travailleurs de la santé palestiniens, dont 80 originaires de Gaza.
Zaher al-Waheidi, responsable au ministère de la Santé de Gaza, a exprimé son inquiétude quant à l’impact de cette suspension, soulignant que des centaines de patients sont quotidiennement pris en charge dans les services de maternité et de grands brûlés. Le ministère s’engage à assurer la continuité des soins aux femmes enceintes.
Le ministère de l’Intérieur de Gaza a affirmé dans un communiqué s’engager à empêcher toute présence armée dans les hôpitaux et à poursuivre en justice les contrevenants. Il a suggéré que des membres armés de certaines familles auraient récemment pénétré dans les établissements, sans toutefois identifier les personnes concernées.
Cette annonce intervient après que les autorités israéliennes ont ordonné à MSF et à d’autres organisations internationales de cesser leurs activités à Gaza et en Cisjordanie occupée si elles ne se conformaient pas à de nouvelles règles, notamment en fournissant des informations détaillées sur leur personnel. MSF a refusé de transmettre une liste de son personnel à Israël, faute de garanties concernant leur sécurité.
Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé samedi avoir « éliminé » un individu dans le nord de Gaza, affirmant qu’il avait franchi une « ligne jaune » délimitant une zone sous contrôle militaire israélien. Le président palestinien Mahmoud Abbas a critiqué Israël pour avoir violé le cessez-le-feu négocié par les États-Unis, au cours duquel près de 600 Palestiniens ont été tués depuis le 10 octobre. Le Premier ministre palestinien Mohammed Mustafa a appelé Israël à lever tous les « obstacles » à la mise en œuvre de la deuxième phase de l’accord de trêve.
Depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, plus de 72 000 Palestiniens ont été tués et 171 000 blessés, selon les chiffres rapportés.