Home Divertissement Des images mignonnes et vides sur le thème du rein. La comédie tchèque Something for Something est fastidieuse

Des images mignonnes et vides sur le thème du rein. La comédie tchèque Something for Something est fastidieuse

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Publié le 24 octobre 2025. Un nouveau film tchèque, intitulé « Quelque chose pour quelque chose », suscite un vif débat parmi les spectateurs. Annoncé comme une comédie grand public, il semble plutôt dresser un portrait sombre des relations humaines.

  • Le film, qui sortira le 16 octobre 2025 dans les salles tchèques, est présenté comme une comédie mais explore des thèmes de relations toxiques.
  • Adapté d’une pièce de théâtre autrichienne, il met en scène quatre personnages confrontés à des secrets et des non-dits lors d’un week-end.
  • La réalisation est critiquée pour son manque d’originalité et son esthétique publicitaire, nuisant au potentiel dramatique de l’histoire.

Avec son affiche mettant en vedette Anna Polívková, ses intrigues amoureuses complexes et ses dialogues à saveur populaire, « Quelque chose pour quelque chose » (Něco za něco en tchèque) semble, à première vue, coller aux codes actuels des comédies dites « lifestyle ». Pourtant, le film intrigue par sa capacité à décevoir les attentes, se révélant moins une source de rires qu’un reflet amer de dynamiques relationnelles malsaines, le tout sans la moindre introspection créative.

L’intrigue, tirée d’une pièce de l’auteur autrichien Stefan Vögel dont les œuvres théâtrales explosent régulièrement sur les scènes pragoises, a déjà été adaptée sous le titre « Side Effects » au Divadlo Palace et « Ledvina » au Divadlo Mír à Ostrava. Cette fois, le duo Filip Oberfalcer et Jan Vejnar signe la transcription cinématographique. La réalisation est confiée à Matej Pichler, déjà à l’origine du thriller involontairement parodique « Daria ». L’origine théâtrale de l’œuvre oriente le film vers un jeu d’acteurs prédominant.

Donner ou ne pas donner un rein ? Le dilemme au cœur de l’intrigue

Le récit suit quatre protagonistes : Kateřina (Anna Polívková) et son mari Daniel (Martin Péchlat), architecte dévoué à sa carrière. L’annonce par Kateřina de sa nécessité d’une greffe de rein, pour laquelle Daniel présente le même groupe sanguin, pose la question cruciale du don. Le film dépeint un conflit perpétuellement en vase clos, Daniel tergiversant quant à ses options, tandis que Kateřina oscille entre attente et résignation paradoxale. Une frustration latente chez les deux refait surface lors d’un week-end en chalet censé célébrer l’anniversaire de Kateřina, entourés de leurs amis de longue date. Le second couple, Diane (Barbora Seidlová) et Erik (Jaromír Nosek), offre un contraste, l’une étant spontanée, l’autre un libre penseur.

Ce séjour met au jour des vérités cachées et douloureuses. L’intrigue repose sur des dialogues foisonnants, délivrant des informations nouvelles qui tournent cependant autour du même noyau thématique. Cette répétitivité scénaristique devient vite lassante pour le spectateur. La structure, resserrée sur un nombre limité de personnages et un lieu unique sur une courte période, rappelle « Carnage » de Roman Polanski, une évocation subtile que l’on retrouve d’ailleurs dans le graphisme de l’affiche. Ici aussi, un quatuor de bourgeois lave son linge sale en public, le point culminant étant une rétrospective de leurs relations.

Dans « Quelque chose pour quelque chose », cependant, les créateurs semblent hésiter à confiner l’action dans un unique décor, bien que le résultat puisse paraître plus condensé et ciblé. Les personnages multiplient les activités, qu’il s’agisse de courses émaillées de placements de produits, de blagues récurrentes sur le thème du rein, de balades en bateau ou de marches sous le soleil, le tout agrémenté de lunettes de soleil. Cette dispersion révèle une certaine impuissance créative, la réalisation étant jugée terne et aseptisée. Les dialogues manquent de naturel et le film semble dépourvu d’une véritable direction.

La quête d’une esthétique « parfaite » au détriment du fond

Le film souffre d’un manque de rythme et de dynamisme. Les acteurs talentueux semblent contraints de réciter leur texte sans véritable impulsion. Les prémices d’une escalade ou d’une tension s’évanouissent aussi vite que l’intérêt du public. Cette maladresse de mise en scène se conjugue à une esthétique publicitaire. L’exigence de « joliesse » se traduit par des dialogues pompeux entrecoupés de plans de drone superflus. Le tout, associé à une musique envahissante et condescendante, fait de « Quelque chose pour quelque chose » une expérience désespérément ennuyeuse et peu imaginative.

Malgré le potentiel d’une comédie incisive sous ce vernis, l’impuissance créatrice et le recours à des images génériques étouffent toute substance. L’apparente légèreté d’un décor estival et d’une palette de couleurs chaudes contredit inutilement les enjeux dramatiques abordés. Bien que les créateurs aient cherché à éviter la nostalgie ou le kitsch facile, le résultat final reste un produit vidé de sa substance.

Lorsque le scénario tente l’humour, il puise dans un humour terre-à-terre, axé sur des complexes masculins stéréotypés ou des clichés sur les différences homme-femme. Chaque personnage est résumé à deux traits de caractère maximum. Le film s’inscrit clairement dans la tendance des comédies de mœurs, mais sans la moindre acuité ou mordant. Pour un drame captivant sur l’émancipation, il manque d’émotion et de personnages plus nuancés.

Les racines théâtrales de l’œuvre originale n’ont pas su être transposées efficacement dans le langage cinématographique. Un cadre naturel, un quatuor d’acteurs compétents et une image aseptisée par une esthétique publicitaire ne suffisent pas à créer un film marquant.

Fiche technique

Titre : Quelque chose pour quelque chose (Něco za něco)

Réalisateur : Matej Pichler

Distribution : Bontonfilm

Date de sortie : 16 octobre 2025

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