Alors que des pelleteuses s’attaquaient à une partie de la Maison Blanche pour ériger la nouvelle salle de bal présidentielle, un projet estimé à 250 millions de dollars, des citoyens ont saisi les autorités de Washington D.C. pour dénoncer ce qu’ils qualifient de construction illégale. Cependant, la capitale américaine se déclare incompétente sur les propriétés fédérales.
Le Département des Bâtiments (DOB) de Washington D.C. a reçu plus d’une douzaine de demandes d’inspection pour construction illégale depuis le début des travaux de démolition, lundi dernier. Ces requêtes proviennent de membres du public qui utilisent le portail en ligne du DOB pour signaler des irrégularités. Le site web invite les témoins de « travaux potentiellement illégaux » à déposer une plainte, promettant qu’un inspecteur du DOB examinera le dossier et pourra contacter le plaignant pour obtenir des informations complémentaires, incluant des preuves vidéo ou photographiques.
Malgré ces sollicitations, le DOB a annoncé qu’aucune inspection n’aura lieu. Un porte-parole a précisé : « Le gouvernement du district n’a pas de juridiction sur les propriétés fédérales ; par conséquent, le DOB ne prévoit aucune inspection sur cette propriété. »
Ce développement intervient alors que la construction progresse sans l’approbation formelle de la Commission de planification de la capitale nationale (NCPC), l’agence exécutive chargée de superviser les constructions et rénovations majeures des bâtiments gouvernementaux dans la région. Will Scharf, un proche collaborateur de la Maison Blanche nommé à la tête de la commission par Donald Trump, a établi une distinction entre les travaux de démolition et ceux de reconstruction, affirmant que seule cette dernière phase nécessitait l’examen de la commission.
Le président Trump a justifié ce projet en arguant de la nécessité d’un espace plus vaste pour les réceptions présidentielles, jugeant la salle Est, d’une capacité d’environ 200 personnes, trop exiguë. Il a également manifesté son désaccord avec la pratique consistant à installer des tentes sur la pelouse sud pour accueillir les dîners d’État et autres grands événements, une méthode utilisée par ses prédécesseurs.
Contrairement aux déclarations initiales de l’été dernier, où hauts responsables de la Maison Blanche et le président lui-même avaient affirmé qu’aucune démolition ne serait effectuée, les ouvriers ont commencé lundi à utiliser des engins lourds pour démanteler la façade de l’aile Est.
Donald Trump a assuré que le financement de cette nouvelle salle de bal proviendrait exclusivement de dons privés, sans aucune dépense d’argent public. La Maison Blanche s’était engagée à divulguer les noms des individus et entreprises ayant promis ou versé des fonds. Des donateurs ont d’ailleurs été conviés à un dîner dans la salle Est la semaine dernière, mais une liste exhaustive ou une répartition détaillée des fonds n’a pas encore été rendue publique.
Parmi les principaux donateurs mentionnés, on retrouve Comcast Corp., la société mère de NBCUniversal, et YouTube, une filiale de Google, qui aurait contribué à hauteur de 22 millions de dollars. Ce montant ferait suite à un accord transactionnel lié à un procès intenté par Donald Trump contre l’entreprise en 2021.
La part de financement personnel de Donald Trump dans ce projet n’a pas non plus été précisée par la Maison Blanche.