Plus de cinq ans après la chute spectaculaire d’une statue de Christophe Colomb devant le Capitole de l’État du Minnesota, des élus républicains exigent des réponses de la part du gouverneur. Ils s’interrogent sur le devenir de ce monument controversé et sur l’engagement de l’État à préserver son patrimoine historique face aux actes de vandalisme.
Dans une missive adressée lundi au gouverneur Tim Walz, dont la présidence a reconnu le Columbus Day au niveau fédéral, les représentants Tom Emmer, Brad Finstad, Michelle Fischbach et Pete Stauber ont sollicité des éclaircissements. Leur préoccupation principale : le Minnesota détient-il toujours la statue, et est-il envisagé de la réexposer au public ?
« Bien que nous reconnaissions que Christophe Colomb est devenu un sujet de débat ces dernières années, il est essentiel de rappeler l’importance de son héritage pour des générations d’Américains d’origine italienne », ont souligné les élus. Ils ont rappelé que la statue, érigée en 1933, avait longtemps servi de symbole « pour commémorer les contributions des Italo-Américains et l’esprit d’exploration qui a façonné les débuts de l’histoire américaine ».
Les signataires de la lettre ont également tenu à exhorter le gouverneur à « veiller à ce que les biens de l’État et les monuments historiques soient traités avec le respect et la protection juridique qu’ils méritent ». Ils concluent en affirmant que « la restauration de la statue de Colomb témoignerait de l’engagement du Minnesota à préserver l’histoire, à honorer les processus légaux et à rejeter les actes de vandalisme comme moyen d’expression politique ».
Le bureau du gouverneur Walz a été contacté par 5 EYEWITNESS NEWS pour obtenir un commentaire, mais aucune réponse n’avait été fournie au moment de la publication.
Contexte
La statue, installée sur la pelouse Est du Capitole de l’État du Minnesota, avait été renversée le 10 juin 2020 par des manifestants. Cet événement faisait suite à une promesse publique d’agir. Les autorités estimaient alors le coût des réparations à 154 000 dollars. Immédiatement après les faits, le gouverneur Walz avait appelé les militants à privilégier les voies formelles pour initier le changement. De son côté, la lieutenante-gouverneure Peggy Flanagan avait indiqué que le retrait de la statue pourrait contribuer à ce que les populations autochtones « se sentent plus accueillies sur le terrain et dans les couloirs du gouvernement de leur État ».
Les poursuites pénales suite à la destruction de ce bien public furent relativement clémentes. Michael Forcia, membre de l’American Indian Movement et organisateur du rassemblement, avait été accusé de dommages matériels au premier degré. Il a finalement réglé l’affaire en effectuant 100 heures de travaux d’intérêt général, obtenant ainsi la suspension de son accusation et évitant un procès.