Publié le 7 février 2026 16:11:00. Les autorités néerlandaises et curaçéennes retiennent deux pétroliers transportant du pétrole vénézuélien, révélant un contournement des sanctions américaines et soulevant des questions sur la transparence des opérations pétrolières dans la région.
Deux pétroliers transportant du pétrole vénézuélien ont été immobilisés ces dernières semaines : le Regina à Curaçao et le Morning Sun au large de Saint-Eustache. L’intervention coordonnée des autorités néerlandaises et curaçéennes met en lumière des pratiques douteuses, notamment la navigation sous faux pavillon et le non-respect des normes de sécurité.
Curaçao a initialement accueilli le Regina le 15 janvier dans la baie de Bullen, un terminal pétrolier rouvert après plusieurs années de fermeture. Le président Pisas s’était félicité de cet accueil. Cependant, une inspection menée par l’Autorité Maritime de Curaçao (MAC) a rapidement révélé des lacunes en matière de sécurité, notamment des canots de sauvetage et un hôpital de bord non conformes aux normes. La MAC a alors alerté les Pays-Bas, car le Regina naviguait sous pavillon du Timor oriental, dissimulant son véritable propriétaire et rendant difficile l’identification des responsables de la cargaison et de l’équipage philippin à bord.
Selon des informations rapportées par le NRC, le Regina a également navigué avec son transpondeur éteint, une pratique suspecte. Le navire figure par ailleurs sur une liste de sanctions américaines depuis plusieurs années. L’affaire intervient dans le contexte des sanctions imposées à l’administration Maduro par les États-Unis, et suggère une tentative de contourner ces restrictions.
Le Morning Sun, quant à lui, a été arraisonné par les autorités néerlandaises au large de Saint-Eustache, une municipalité spéciale des Pays-Bas. L’Inspection néerlandaise de l’environnement humain et des transports (ILT) a justifié cette décision par des « défauts » importants rendant le navire impropre à la navigation en toute sécurité.
Ces interventions s’inscrivent dans une stratégie visant à entraver les flux pétroliers vénézuéliens qui se sont intensifiés après la mise en place des sanctions américaines. Des documents de la Maison Blanche et du négociant en pétrole Trafigura indiquent que le pétrole transporté par le Regina était destiné à être stocké à Curaçao, puis commercialisé au profit des États-Unis et du Venezuela. Trafigura n’a pas répondu aux sollicitations concernant cette affaire.
L’immobilisation du Regina à Curaçao, le 29 janvier, est due à la découverte de faux pavillons et de faux certificats de sécurité, selon l’Autorité maritime de Curaçao. Une enquête plus approfondie est en cours pour déterminer si des poursuites pénales seront engagées et identifier les responsables. L’affaire est suivie de près par l’Organisation maritime des Caraïbes, qui publie des données sur les inspections et les détentions de navires ici.
Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a déclaré que La Haye n’avait été informée des faux pavillons et des autres irrégularités du Regina qu’après les questions posées par le NRC le 21 janvier.