Home Accueil des tonnes de gaz cancérigène rejetés dans l’air, la préfecture serre la vis

des tonnes de gaz cancérigène rejetés dans l’air, la préfecture serre la vis

0 comments 63 views

Nouvel arrêté préfectoral pour réduire les rejets toxiques à Saint-Fons

La préfecture du Rhône a pris un arrêté visant à diminuer drastiquement les émissions de chlorure de vinyle monomère (CVM), un gaz cancérigène, provenant du site industriel de Kem One à Saint-Fons. Cette décision fait suite à des décennies de rejets et à une évaluation récente des risques, imposant à l’entreprise chimique une réduction significative de ses émissions à partir de 2027.

Le site de Kem One, classé Seveso seuil haut et situé dans la « vallée de la chimie » au sud de Lyon, est sous surveillance accrue des services de l’État. La production de PVC par l’entreprise génère chaque année plusieurs tonnes de chlorure de vinyle monomère (CVM), un composé organique volatil reconnu comme cancérigène avéré. Malgré des réglementations existantes, la qualité de l’air autour du site a été jugée « dégradée » par plusieurs études menées sur la dernière décennie. Face à cette situation, la préfète du Rhône, Fabienne Buccio, a émis un nouvel arrêté le vendredi 22 mars pour mieux encadrer et contrôler ces rejets.

L’arrêté impose à Kem One de réduire ses émissions de CVM de quatre tonnes par an d’ici 2027. D’ici là, l’industriel devra impérativement remplacer les vannes identifiées comme la source des émissions les plus importantes et renforcer la surveillance environnementale autour de son site de Saint-Fons. Ces mesures font suite à des constats alarmants : une étude de 2014 révélait déjà des dépassements importants des seuils recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour le CVM, et une analyse de 2017 qualifiait le risque sanitaire de « significatif » pour la population locale.

La zone géographique concernée est densément peuplée. La « vallée de la chimie », qui regroupe une dizaine de sites Seveso, se situe en banlieue immédiate de Lyon. Environ 630 000 habitants vivent dans un rayon de quatre kilomètres autour du site Kem One. Ce périmètre inclut 29 établissements de santé, 31 écoles et 29 crèches, dont certaines, comme la crèche de Saint-Fons, se trouvent à seulement 250 mètres des installations industrielles.

L’historique des rejets de CVM par Kem One et ses prédécesseurs révèle des difficultés de conformité. Depuis 2011, plusieurs arrêtés ont été pris pour encadrer ces émissions, notamment lorsque le site appartenait à Archème. En 2019, un plafond de 21 tonnes de CVM par an avait été fixé à partir de 2021. Cependant, en 2021, Kem One avait déclaré un résultat conforme mais erroné. Un rapport de l’été dernier a révélé un « écart » entre les valeurs mesurées et celles modélisées, conduisant l’entreprise à revoir à la hausse son estimation de rejets à 34 tonnes pour 2021, bien au-delà du plafond fixé, bien que cela reste inférieur aux 72 tonnes déclarées en 2018.

Face à ces dépassements et à la lenteur des contrôles, certains élus s’étaient exprimés. Pierre Athanaze, vice-président de la métropole de Lyon en charge de la prévention des risques, avait récemment déclaré : « Il serait temps que les services de l’État soient renforcés afin d’assurer les contrôles et la police au sein du plus vaste ensemble pétrochimique de France ! » Le nouvel arrêté préfectoral semble prendre en compte ces préoccupations en annonçant un resserrement des contrôles et l’installation de capteurs environnementaux, en collaboration avec la métropole et la commune de Saint-Fons.

Tags:

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.