Publié le 25 février 2026 11:55:00. Le géant britannique des spiritueux Diageo a revu à la baisse ses prévisions annuelles et réduit son dividende, une première sous la direction de son nouveau PDG, Dave Lewis, signalant les difficultés rencontrées pour relancer la croissance face à un contexte économique difficile.
Diageo s’attend désormais à une baisse de ses ventes organiques de 2 à 3 % en 2026, et prévoit une croissance de son bénéfice d’exploitation stable, voire en légère hausse (à un chiffre). Cette annonce a entraîné une chute de 6 % de l’action Diageo, et a également pesé sur les valeurs de ses concurrents, Pernod Ricard, Rémy Cointreau et Campari, qui ont reculé d’environ 3 % dans la matinée.
Nommé en janvier dernier, Dave Lewis doit faire face à de multiples défis : l’incertitude liée aux droits de douane aux États-Unis, le ralentissement de la demande en Chine, la fragilité de la confiance des consommateurs à l’échelle mondiale, et l’évolution des habitudes de consommation. Il a également souligné l’impact croissant de facteurs tels que l’essor des médicaments amaigrissants, qui peuvent diminuer l’intérêt pour l’alcool, ainsi que des modes de vie changeants et l’attrait pour des alternatives comme le cannabis légal.
« Un certain nombre de facteurs ont un impact sur notre catégorie. Le plus important, de loin, est la pression sur les portefeuilles des consommateurs. »
Dave Lewis, PDG de Diageo
Le groupe a annoncé un dividende intérimaire de 20 cents par action (contre 40,5 cents l’année précédente) et a fixé un plancher minimum de 50 cents par an pour le dividende global. Diageo a déjà entamé un plan de cession d’actifs et de réduction des coûts, et Dave Lewis, surnommé « Drastic Dave » en raison de ses précédentes réformes de réduction des coûts chez Tesco et Unilever, s’apprête à présenter une stratégie actualisée au conseil d’administration au deuxième trimestre, qui sera ensuite rendue publique au troisième trimestre.
Les ventes de Diageo aux États-Unis ont diminué de 9,3 % au premier semestre, et les ventes de tequila, notamment de la marque Don Julio, qui avait été un moteur de croissance important, ont chuté de plus de 23 %. L’entreprise a également supprimé des postes au cours du premier semestre.