Publié le 2024-05-15 10:00:00. La réalisatrice Castille Landon partage ses souvenirs émouvants du dernier tournage de Diane Keaton, saluant son authenticité, sa confiance et sa résilience sur le plateau de leur film.
- Diane Keaton, icône précoce, a dirigé avec respect par la jeune cinéaste.
- L’actrice a fait preuve d’une confiance inébranlable et d’une authenticité sans filtre.
- Keaton a affronté ses peurs avec audace, y compris une cascade à 77 ans.
Diane Keaton, une figure déjà légendaire avant même son arrivée sur le plateau, a été abordée avec une profonde humilité par Castille Landon. La réalisatrice a confié avoir eu le privilège de guider l’actrice lors du tournage de son dernier film, une expérience marquée par le respect mutuel malgré la différence d’âge et de stature dans l’industrie. « Qui étais-je pour la diriger ? Pour lui remplir la tête de mon dialogue ? » s’est interrogée Landon, soulignant la présence imposante de Keaton, même chaussée de ses bottines à plateforme vertigineuses. Pourtant, malgré cette aura, l’actrice n’a jamais donné à la réalisatrice le sentiment d’être intimidée.
Landon retient de cette collaboration une leçon précieuse sur ce que signifie être une femme. Pour elle, Diane Keaton n’a pas seulement vécu dans le monde, elle l’a modelé, s’arrogeant l’espace nécessaire pour exister sans excuses. « Elle savait qui elle était et ce dont elle avait besoin pour être à son meilleur », a déclaré Landon, citant comme exemple la nécessité pour l’actrice d’avoir un espace dédié pour concevoir ses livres d’art. Toujours dévouée à son travail, Keaton travaillait sans relâche. Mais au-delà de son engagement professionnel, c’est sa confiance en elle, une confiance « enviable » qui ne basculait jamais vers l’arrogance, qui a le plus marqué la réalisatrice.
« Ce que vous voyez à l’écran est exactement qui elle est », affirme Landon, révélant au passage une facette plus surprenante de l’actrice : une langue bien pendue, à la manière des marins. Cette excentricité n’était pas calculée, mais le reflet d’une personnalité « non filtrée et naturellement flamboyante ». Dans une époque où l’authenticité est devenue un mot galvaudé, Diane Keaton incarne une forme d’originalité qui refuse l’uniformisation. Loin des tendances et des attentes masculines, elle a toujours privilégié son individualité, une philosophie qui transparaissait aussi bien à l’écran que dans ses interactions privées. Sa vivacité d’esprit lui permettait de rivaliser d’égal à égal avec tous les membres de l’équipe, laissant souvent les jeunes caméramans sous le charme, apparemment insensible à son propre pouvoir d’attraction.
« Ce que vous voyez à l’écran est exactement qui elle est – même si vous serez peut-être surpris d’apprendre qu’elle avait une bouche de marin. »
Castille Landon, réalisatrice
Diane Keaton a su construire sa propre réalité, libérée des préoccupations triviales qui obsèdent les mortels ordinaires. Cette bulle protectrice lui a permis de conserver une innocence enfantine et un élan vital intact. Sans aucune inhibition, elle abordait chaque interaction avec la même spontanéité, qu’il s’agisse de ses partenaires de jeu ou d’un stagiaire. Loin d’être intrépide, elle affrontait ses peurs avec une détermination féroce. Ce trait de caractère s’est illustré lorsque, à 77 ans, elle a accepté de sauter d’une tyrolienne pour la scène finale du film, une prouesse réalisée alors que le soleil disparaissait.
« Elle n’avait aucun intérêt à suivre les tendances. Je ne pense même pas que c’était son intention de les placer »
Castille Landon, réalisatrice
Landon réalise aujourd’hui que ce dernier jour passé sur un plateau de tournage, au terme d’une carrière riche en succès, s’est fait à ses côtés. Malgré l’épuisement après six semaines de tournage intensif dans les montagnes de Caroline du Nord, incluant des scènes aquatiques, des cascades et même une bataille de nourriture, ainsi que des obligations promotionnelles pour un autre film, Diane Keaton a tenu bon. Elle a donné le meilleur d’elle-même à chaque prise. « Elle a insisté pour qu’on l’appelle Diane », a précisé la réalisatrice, soulignant son refus de toute prétention ou de contournement. Elle souhaitait être abordée directement, dans toute son authenticité. « Elle était et sera toujours Diane. »
Casting et équipe du camp d’été : Alfre Woodard, Kathy Bates, Diane Keaton, Dennis Haysbert, Castille Landon et Eugene Levy.
Photographie : Avec l’aimable autorisation de Castille Landon
Pas de prétention… Diane Keaton, Kathy Bates et Alfre Woodard au Summer Camp.
Photographie : Photos de divertissement/Alay