Dijon se trouve au cœur d’une vive polémique concernant l’extension des pouvoirs de la police municipale. Le collectif Dijon Populaire dénonce une approche sécuritaire jugée excessive et une collaboration potentiellement problématique avec une entreprise ayant des liens avec des pratiques controversées aux États-Unis.
Le collectif, affilié à La France insoumise en Côte-d’Or, critique vivement le soutien de Nathalie Koenders à un projet de loi actuellement examiné au Sénat. Ce texte vise à doter les policiers municipaux de compétences en matière de police judiciaire, leur permettant par exemple de dresser des procès-verbaux pour usage de stupéfiants, conduite sans permis ou vente illégale. Il prévoit également une généralisation de l’utilisation de drones et de caméras piétons.
« Ce projet ne répond pas aux causes profondes de l’insécurité », affirme le collectif, soulignant l’absence de mesures sociales accompagnant cette intensification de la répression. Ils mettent en garde contre les risques encourus par des agents non suffisamment formés pour exercer ces nouvelles compétences, et dénoncent un flou quant à l’articulation entre la police municipale et la police nationale.
Selon Dijon Populaire, l’augmentation des compétences ne résoudra pas les problèmes de fond et pourrait même mettre en danger la sécurité des citoyens et des policiers eux-mêmes. Ils rappellent que Dijon dispose déjà d’une police municipale plus importante que la moyenne nationale et que celle-ci est armée, sans que les violences n’aient pour autant diminué.
Le collectif s’inquiète particulièrement du contrat conclu par la Métropole de Dijon, dont Nathalie Koenders est membre, avec l’entreprise Capgemini dans le cadre du projet OnDijon, visant à renforcer la vidéosurveillance. Ils pointent du doigt l’implication passée de Capgemini aux États-Unis dans un contrat avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), une agence américaine accusée de violations des droits humains. « La municipalité n’a pris aucune position claire pour se démarquer de ces pratiques : une complicité silencieuse des drames qui se jouent à Minneapolis », dénonce le collectif.
Ils jugent incohérent que Nathalie Koenders affirme que la police municipale ne peut pas endiguer le trafic de stupéfiants tout en défendant l’élargissement de ses prérogatives, après l’avoir déjà dotée d’armes létales.
Dijon Populaire plaide pour une approche différente de la sécurité, axée sur la proximité, la confiance, la prévention et l’investissement dans les quartiers populaires. « La sûreté ne se construit pas en multipliant les sanctions et les gadgets technologiques : elle exige du sens, des moyens humains et une politique sociale ambitieuse », concluent-ils.