Publié le 25 février 2026 17:29:00. Un document déclassifié du ministère de la Défense révèle que, quelques mois après le coup d’État manqué de février 1981, l’armée espagnole cherchait à identifier de nouveaux commandants militaires, catholiques pratiquants et dépourvus d’opinions politiques marquées, afin de restaurer la confiance dans la monarchie.
Des « rumeurs alarmantes » continuaient de circuler au sein des forces armées après le 23-F, selon un rapport classifié « Secret » daté de décembre 1981. Ce document, récemment déclassifié, met en évidence des actes de sabotage et de contestation de l’autorité, notamment des portraits officiels mutilés, des graffitis anti-roi et des messages se moquant du gouvernement. Les auteurs du rapport signalent également des « attitudes irrespectueuses et insolentes » envers les commandants et une remise en question ouverte des ordres reçus.
Le ministère de la Défense reconnaissait dans ce rapport que l’État avait laissé se développer un climat de subversion en « ne lui accordant pas l’attention voulue », ce qui risquait d’éloigner dangereusement les militaires de la classe politique et des principes constitutionnels. Le document souligne que, bien que les forces armées aient initialement soutenu le roi Juan Carlos Ier, conformément aux souhaits de Franco, cette confiance avait commencé à s’éroder à partir de 1980, en raison du « sensationnalisme de certains médias ».
Le rapport conclut que « la figure du Roi subit une dégradation personnelle et professionnelle » et qu’il était impératif de corriger cette situation. Pour ce faire, il proposait de rechercher de nouveaux « chefs militaires » répondant à des critères spécifiques, allant au-delà de l’expérience opérationnelle, du courage et des décorations. Ces critères comprenaient l’absence d’« affinités politiques », une pratique religieuse catholique avérée et une capacité à gérer les relations avec les médias.
L’objectif de ce « plan d’action » était, selon le document, d’« empêcher le roi d’assumer le contrôle permanent de l’armée, en élevant son leadership » et de « promouvoir l’idée que l’armée, avec une loyauté absolue envers le roi, respecte la Constitution et obéit au gouvernement ». Ce rapport intervient alors que le Premier ministre Pedro Sánchez a annoncé la publication d’archives classifiées concernant le 23-F afin de « solder une dette envers les citoyens », comme le rapporte El País.
Le coup d’État manqué du 23 février 1981, connu sous le nom de « 23-F », avait été mené par des officiers de la Garde civile qui avaient pris d’assaut le Congrès des députés. Wikipédia rappelle que cet événement a marqué la dernière tentative sérieuse de rétablir un régime franquiste en Espagne et a contribué à consolider le processus de démocratisation du pays. Le roi Juan Carlos Ier avait joué un rôle crucial dans la déjouement du coup d’État, renforçant ainsi la légitimité de la monarchie.
Un article de Wikipédia en français détaille également les événements du 23-F, soulignant l’irruption du lieutenant-colonel de la Garde civile Antonio Tejero dans la salle du Congrès des députés.